samedi, 11 octobre 2008
La belle mort ?

Ne faut-il pas être complètement con pour mourir à cause d'un préservatif ? Comment ? En se le mettant sur la tête et en oubliant de l'enlever. Car le préservatif a cet avantage d'être étanche. C'est bien connu et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il est recommandé de le porter. Encore faut-il ne pas se tromper d'endroit.
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vendredi, 10 octobre 2008
Dans un train - Voiture n°6
"J'ai bien remarqué que le type assis à côté de moi avait ce drôle d'air pas net quand j'ai ouvert la revue de la paroisse. Je n'ai pas honte de mes convictions. Bien au contraire. Je suis très fier du travail que j'effectue depuis toutes ces années au sien de ma communauté. Et donc, en quoi ma lecture serait-elle moins respectable que les siennes ? D'ailleurs que lit-il mon aimable compagnon de voyage ? Les actualités, l'économie, la géopolitique, la sociologie ou la politique, n'ont pas grand chose à voir avec ces feuilles remplies de corps à moitié nus avec des titres fluorescents barrant les pages. Toutes ces couleurs, ce fouillis tapageur, mes yeux sont naturellement et irrésistiblement attirés vers mon voisin. Il doit se sentir épié à son tour et accélère la lecture. Celle-ci devient d'abord frénétique pour se transformer en hystérie, jusqu'au moment où il se lève prestement pour rejoindre le bar ou les toilettes. Il laisse son journal sur le siège. La couverture est sans équivoque. Aurais-je le culot de franchir la barrière de la curiosité ?"
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mercredi, 08 octobre 2008
Episode 26 - Apocalypse Now
Les nouvelles sont plutôt bonnes. Il semblerait d'après des sources bien informées que le groupe qui avait des visées sur nous serait mouillé dans un scandale lié à des matches de foot truqués en Italie. J'ignore comment ils ont fait pour se retrouver dans ce bourbier et je m'en fous. Voilà surtout une belle occasion de se débarrasser de ces parasites. Le danger n'est pas complètement éloigné tant que la justice n'aura pas tranché. mais au moins, on les suppose moins virulents. S'ils ont la justice sur le dos, ils éviteront de trop s'exposer en public. Je vais quand même guetter la presse au cas où un juge complaisant les blanchirait trop rapidement. Pendant ce temps, mes soi-disant alliés de l'informatique m'ont complètement oublié. Michel ne répond pas à mes messages et son chef n'a donné aucun signe de vie. Je m'inquiète peut-être pour rien mais je crains leur passage du mauvais côté de la barrière. Même si le danger parait momentanément éloigné, il ne s'agirait pas que je me retrouve seul en cas de riposte à fournir. Tant pis, je passe outre la mise en garde et m'adresse directement à Dieu. Etonnement, c'est lui qui décroche. D'accord pour me recevoir dans son bureau. Certaines affaires ne se traitent pas au téléphone et encore moins par l'intermédiaire de messages électroniques. Je m'exécute et quitte mon poste de travail. "Je vais à l'informatique" tombe comme l'annonce désespérée d'un mec au bout du rouleau. Personne ne va à l'informatique. Jamais. Il faut être suicidaire pour pénétrer ce territoire peuplé de créatures bizarres au langage abscons. Le regard de mes collègues en dit long sur leur soudaine empathie. Je ne dis rien. Me justifier reviendrait à me découvrir. Je les laisse s'interroger sur mon compte. "Félix va te recevoir dans un court instant" m'annonce Michel un peu honteux de son silence prolongé. Si son chef me reçoit, il aurait pu daigner me répondre. Son regard m'évite. En posant ma main sur son épaule, je clos l'incident. Il me sourit presque. Aurais-je réussi à l'apprivoiser ? Félix, le chef de tribu me reçoit solennellement. Le crâne rasé, la voix sourde dans la pénombre d'un bureau volontairement mal éclairé font référence à Marlon Brando dans Apocalypse Now. Je soupçonne le bonhomme de jouer sur ce registre. Pour la bande son, les pales des hélicoptères sont remplacées par les ventilateurs des ordinateurs dans une salle à côté. Félix se veut rassurant malgré l'atmosphère pesante. Non, il ne m'a pas oublié et a entendu les mêmes rumeurs concernant les italiens. Il est de mon avis. La vigilance reste de mise. Nous convenons de rester en contact et de signaler tout mouvement ennemi suspect. Félix est un chef de meute. C'est aussi un guerrier. Il n'attend en fait qu'une seule : qu'on lui donne l'occasion de livrer bataille.
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lundi, 06 octobre 2008
Ma vie de hamster (4)
Trop c'est trop. C'est le deuxième oeil que j'ai failli perdre cette fois-ci. A ce rythme, je ne vais pas faire long feu. C'est en substance le message que je lance depuis mon oeil encore valide. Les proprio ont compris l'urgence de la situation et ont même envisagé une deuxième cage pour nous séparer. Mais comme le chef de famille s'y oppose formellement, il va falloir trouver une autre solution. Cette autre solution est simple : il suffit de se débarasser du hamster psychopathe et de le renvoyer là d'où il vient, à l'époque où nous n'étions pas encore ces animaux domestiqués à un point tel que nous sommes devenus des larves ingurgitant des tonnes de nourriture et déféquant à longueur de journée, l'époque où nous étions des animaux sauvages et vulnérables, le renvoyer au point d'origine : la forêt. Cela tombe bien, il y en a une à proximité. Il suffit de mettre le fou dans un sac et de balancer le sac dans les bois, ni vu ni connu (ne pas oublier de récupérer le sac pour la sauvegarde de l'environnement !). Ce sera une bonne chose de faite et j'aurais ainsi de grandes chances d'augmenter mon espérance de vie. Je dois donc remercier mes maîtres même si je ne suis qu'un hamster et que j'ai une vie de merde...
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vendredi, 03 octobre 2008
Dans un train - Voiture n°5
Jour de chance. Le mec le plus beau wagon, du train, de la gare même vient de s'asseoir là, juste à côté d'elle. Elle n'en croyait pas ses yeux quand elle l'a vue s'approcher. Déjà repéré dans la gare, le bellâtre lui a souri et s'est assis tout simplement, en s'excusant presque de venir troubler son calme. Mais mais coco, c'est quand tu veux, où tu veux, maintenant même, tu ne me déranges nullement grande dadais, on peut directement se retrouver dans les toilettes tant qu'elles sont encore libres, avant que tous ces vieux dégueus ne viennent pisser à côté, viens par ici mon chéri. Elle a beaucoup de mal à se reconnaître, soudain submergée par ce flot incessant de pensées impures. Mais c'est que le mâle est beau, tellement beau, il sent bon, élégant dans sa chemise au blanc immaculé, il est irrésistible. Elle ne résistera d'ailleurs pas s'il lui venait l'idée de lui sourire encore une fois. La sonnerie de son portable retentit. Le sien. Une musique très disco. Il décroche dans un éclat de rire dénué de toute masculinité. Trop belle pour toi ma vieille !
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mercredi, 01 octobre 2008
Episode 25 - Tendu vers l'objectif
Les états d'âme et les problèmes de coeur ne font pas ménage avec la poursuite d'objectifs commerciaux. Si l'on veut sa prime, la seule bonne question à se poser est : où en suis-je dans mon quota de vente ? Vais-je atteindre le nirvana ce mois-ci ? Inutile de penser à autre chose. Alors comme j'ai un loyer à payer, une voiture à entretenir, des loisirs onéreux, des femmes à gâter, une garde robe à renouveler, des envies soudaines et fréquentes de gadgets, comme j'ai ce train de vie parfois dément à assumer, je surveille de près les rentrées d'argent. Et quand je me sens en danger pour le futur proche, le seul remède efficace que j'ai trouvé, c'est engranger du rendez-vous dans l'espoir que ça signe dans la foulée. Alors, on y va à fond, je balaye la base de données et je téléphone à tout va. En commençant par mes clients habituels, j'essaye de grapiller des queues de budget. Parfois cela fonctionne. Aujourd'hui est un jour sans. Les premiers contacts sont négatifs. Je m'arrête là pour ne pas gaspiller tout mon stock. Je passe à l'étape suivante en relançant mes vieux prospects. D'abord ceux qui m'ont toujours dit non. La voix s'échauffe. Le discours s'étoffe et après plusieurs refus, je suis prêt à passer à ceux qui auront une chance de signer avant la fin de la semaine. Pour le premier, le budget est trop petit pour moi mais je prends quand même. En période de vache maigre, je ne fais pas la fine bouche. La rentabilité du dossier est faible mais tant pis, je me rattraperai sur le suivant. Plantage complet. Mon interlocutrice me raccroche tout bonnement au nez. Même pas le temps de lui annoncer la jolie promo que je lui réservais. La garce ! Le troisième est le bon. S'il respecte son engagement, je serais tout prêt de l'objectif. Une commande même minable suffira pour la suite. Allez encore un effort, et le nouveau plasma est pour moi ! Je raccroche et annonce tout haut que je pars à la piscine. Personne ne me dit rien. Ils savent qu'un départ à 17h00 ne peut signifier qu'une chose : Stan atteindra une fois encore son objectif ce mois-ci.
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lundi, 29 septembre 2008
Ma vie de hamster (3)
La nuit a été compliquée. La sale bête s'est encore montrée très belliqueuse et j'ai manqué perdre un oeil dans la bataille. Mon compagnon de cellule est vraiment le hamster de base. Il amoncelle des tonnes de bouffe sans même y toucher, comme si la guerre allait éclater dans les heures suivantes. Et quand il ne dort pas, ce couillon court dans une roue en plastique, histoire de faire de l'exercice entre deux siestes. Que du muscle, pas de cerveau, cette boule de poil est affligeante. Pour couronner le tout, il part en courant à chaque fois que l'une nos gentilles petites maîtresses tente une approche. Il n'est pas prêt de s'attirer leurs faveurs. En attendant, je suis le seul à sortir de la cage car moi au moins je ne les mords pas quand ils m'attrapent. D'après ce que j'ai compris, j'appartiens à la grande fille et le lobotomisé à la petite. Mais comme l'autre est hostile, ils commencent à s'en désintéresser et me servent toujours en premier. Et voilà à quoi j'en suis réduit : attendre l'heure de la gamelle et me planquer pour éviter les taquets.
Je suis un hamster et j'ai une vie de merde...
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samedi, 27 septembre 2008
La fille du kiosque
Le kiosque à journaux est bondé et pourtant on ne voit qu’elle. Elle n’est pas spécialement jolie mais c’est la seule femme qui s’attarde au rayon des revues érotiques. Alors forcément, on la remarque.
Elle feuillette un magazine de filles aux gros seins. Les photos sont explicites et de qualité médiocre. Elle les trouve laides toutes ces filles. Elle remet le magazine à sa place et en choisit un autre. C’est la même chose. Pas ou peu de textes. Juste des clichés de filles seules ou accompagnées. Gros plans, plans larges. Des culs et des seins. Du porno bon marché à portée de main. Elle est troublée. Elle ne pensait pas pouvoir tomber sur ce genre d’images dans un lieu si public. Cela l’intrigue. Elle a raté son train. Il lui reste un peu de temps à perdre. Alors elle continue à parcourir le rayon. Les gens sont étonnés. Une fille dans son genre n’a rien à faire avec une revue porno entre les mains. On l’imagine ailleurs. Pas ici en tout cas en train de se délecter de ces images. Et pourquoi pas, après tout ? Elle sent les regards désapprobateurs de ceux qui l’observent. La situation l’excite. Finalement, elle achète un magazine féminin rempli d’articles de régime et sur la meilleure façon d’affoler les mecs au bureau. Elle sourit et semble heureuse. Je la vois s’éloigner. Elle ne m’a pas remarqué.

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mercredi, 24 septembre 2008
Episode 24 – Liaison fatale
Message sibyllin sur ma boite vocale : Marie-Laure veut me voir de toute urgence. Sous l’emprise d’une certaine panique (impossible qu’elle soit tombée enceinte par ma faute, pourtant !), je retourne son appel mais elle refuse de m’en dire davantage. Pour tout savoir, je dois la voir. Pas d’autre choix. J’irai à la piscine un autre jour. En avance comme souvent, je martyrise un stylo devant un café à peine touché. Elle débarque, magnifique, commande une salade composée sans s’inquiéter de mon choix et pose une main ferme sur la mienne. ‘Je suis contente que tu aies pu te libérer. J’avais besoin de te voir très vite. Tu me manques et je ne pouvais pas en rester là.’ C’était donc ça l’urgence, une pulsion animale, un besoin incontrôlable de me sentir tout près d’elle. Je fais donc de l’effet. A elle en tout cas, c’est certain. La relation purement commerciale est oubliée puisque nous avons désormais un membre de son équipe comme interlocuteur unique. Marie-Laure me veut pour elle seule et m’annonce qu’elle est prête à faire une croix sur son mariage simplement pour me voir plus souvent. Je suis tétanisé. Je n’ai jamais eu pour ambition de briser un quelconque mariage et encore moins de me mettre à la colle avec une hystérique prête à faire n’importe quoi parce qu'elle a aimé nos étreintes. Le syndrome 'Liaison fatale' m'empêche de lui annoncer gentiment la fin de notre folle histoire de cul. Cette femme me fait flipper. A la façon qu'elle a de me fixer, je devine sa folie et j'aperçois déjà le couteau de cuisine susceptible de sortir de son sac à main. Pause. Réfléchir. Ne pas paniquer. L'être humain est comme les autres animaux : il sent la peur et se jette plus facilement sur sa proie. Inspiration. Expiration. Finalement, je cède et accepte son invitation à diner chez elle pour le soir même. Parti sur cette lancée, j'ai peu de chance de me dépêtrer de la situation. Tant pis, je préfère remettre à plus tard. On ne sait jamais, sur un malentendu, tout peut arriver.
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mardi, 23 septembre 2008
Dans un train - voiture n°4
Il déteste les voyages en deuxième classe. Les gens y sont bruyants, laids et ils sentent mauvais. Mais il doit s’en contenter car il n’a plus les moyens de faire autrement. A la belle époque, c’était la première classe, les meilleures chambres d’hôtel d’Europe et le champagne dans toutes les occasions. Du jour au lendemain, il a fallu mettre un terme à ce rythme dispendieux. Le banquier s’est montré compréhensif puis carrément impoli. Ceux qui se disaient ses amis sont devenus de vagues connaissances d’un temps hélas révolu. Il a franchi la barrière et est revenu du côté du peuple, un endroit qu’il n’aurait jamais dû quitter. Il se refuse pourtant à admettre la réalité de sa situation et arbore toujours cet air faussement aristocratique et une garde-robe trop luxueuse pour ne pas être remarquée dans un wagon de deuxième classe. Il a dégringolé. Une chute brutale dont on se remet difficilement.
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