vendredi, 05 février 2010
CINQ – La fa(r)ce cachée de mon entreprise
Les jours défilent et je ne vois pas le temps passer. Moi qui avais tendance à m'ennuyer souvent dans mon précédent job, je ne sais déjà plus où donner de la tête. Entre répondre à mes messages, veiller à mon bon référencement et donner de ma personne quand le bon de commande est parvenu jusqu'à moi, je consacre désormais tout mon temps à ma nouvelle carrière de travailleur indépendant. En parlant de cela, je lorgne clairement du côté de l'auto-entrepreneur, non ?! La difficulté en la matière serait de présenter une facture à mes clientes, avec le montant global de la prestation, la TVA apparente et la date exigibile du règlement (maintenant tout de suite sinon no quéquétas !). Je les vois mal ranger le document dans l'espoir de le produire comme pièce justificative d'un abattement fiscal au titre des services à la personne. Quoique on pourrait y songer ! Cela pimenterait encore un peu plus les choses.
Je soupçonne ma dernière cliente de m'avoir recommandé auprès de l'une de ses copines. Même genre coincé, même économie de mots pour s'exprimer, même allure de femme établie avec peu de fantaisie et un gros manque de sexe depuis de trop longues années. Ce n'est pas facile d'essayer de créer du lien avec ce genre de personne. J'aurais préféré quelque chose de moins mécanique. Car je possède une langue également conçue pour tenir une conversation et une certaine capacité à m'intéresser à la vie des gens. Mais non, pas possible, elle ne me paye pas pour parler. Pour ça, elle a un abonnement chez un psy depuis certainement de nombreuses années. A chacun son rôle semble-t-elle m'indiquer en faisant un geste rapide de la main, du haut vers le bas. Dans son langage, cela signifie « à poil et inutile de protester ». Je m'exécute sans tarder car son temps est précieux. Elle choisit sobrement un préservatif couleur chair alors que je luI présentais la panoplie complète de l'arc en ciel. Aucune fantaisie. On reste dans le classique et le missionnaire fait sa petite affaire avant de quitter les lieux sans même espérer un « merci, c'était bien, je vous rappelerai ». Si elles sont toutes comme ça, je vais peut-être me lasser rapidement. Pour me changer les idées, je m'offre un dîner chez mon pote Max, un repas digne de ce nom avec viande en sauce, pommes de terre rissolées et vin choisi avec amour chez un vigneron à l'ancienne. C'est plutôt cela la vie : des plaisirs simples et partagés en bonne compagnie.
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jeudi, 28 janvier 2010
QUATRE – La fa(r)ce cachée de mon entreprise

Deuxième jour d'activité et déjà deuxième rendez-vous. Je ne pensais pas démarrer aussi vite pour être franc. Ayant tablé sur 2 à 3 rendez-vous par semaine, mon modeste business plan prévoyait des rentrées suffisantes pour payer la nourriture nécessaire à ma survie et le loyer de mon studio. Et oui à mon âge, je vis encore dans un logement modeste. Ce n'est pas faute d'avoir essayé de faire autrement mais j'ai été jusque là victime d'un manque patent de moyens financiers adéquats. Situation classique, en somme. Car si tout le monde veut vivre dans un bel appartement exposé plein sud au dernier étage avec terrasse et jacuzzi extérieur, peu de personnes y parviennent. Les derniers étages se font rares en effet.
J'avais rêvé d'un petit trois étoiles discret en plein centre mais la dame a ses habitudes dans les établissements de chaines, plutôt en périphérie. A la teneur du message laissé sur ma boite mail, elle a le profil de la frequent traveller qui s'intéresse peu au décor de sa chambre de villégiature pourvu que le lit soit confortable et le petit-déjeuner servi à l'heure. En semaine, les hôtels autour de Paris sont remplis d'hommes et femmes d'affaires échoués là parce que la potitique voyages de leur entreprise les obligent à utiliser les tarifs négociés par le service achats. Et moi là dedans, je suis une sorte de service additionnel, une récréation après une dure journée de rendez-vous ou une conférence interminable sur les nouveaux défis des entreprises face à l'émergence de l'interculturalité. Susan, c'est la signature de son message, me retrouvera dans la chambre 314 à 19h45 précises. Elle n'aura que trois quart d'heures à m'accorder car elle enchaine avec un diner de la plus haute importance. Simple, direct et efficace. Je sais donc à quoi m'attendre. Inutile de lui demander pourquoi une femme de son rang se paye une pute avant un repas d'affaires. Mon propos serait déplacé et je ne voudrai surtout pas risquer de compromettre une cliente que je pourrais fidéliser à l'occasion de ses visites régulières dans notre capitale. Susan est plutôt jolie à dire vrai. La sobriété de son tailleur masque assez bien la légère surcharge pondérale due à sa vie mouvementée de business woman. Je le découvre rapidement car elle ne s'embarasse pas des préliminaires. A peine ai-je franchi le pas de la porte qu'elle m'invite à me déshabiller pour la rejoindre sous la couette. Inutile de forcer mon talent et de jouer les prolongations. Elle ne demande rien d'autre qu'une prestation rapide car le besoin était pressant. Je ne l'ai pas mise en retard pour son rendez-vous suivant. Le nôtre a été aussi bref que prévu. Elle a accepté ma carte de visite en me laissant entendre que je serai peut-être contacté ultérieurement. A voir...
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vendredi, 22 janvier 2010
TROIS – La fa(r)ce cachée de mon entreprise

La voix au téléphone était chaude et déterminée. Je m'attends donc à rencontrer une femme volontaire et dominatrice, une maîtresse femme vivant sa sexualité sans tabou. Pour démarrer mon petit business, j'avais imaginé les choses un peu différement à vrai dire. Une femme douce et timide aurait volontiers correspondu à l'idée que je me faisais d'un saut dans le grand bain de la prostitution. Et oui, le mot est lâché. Loin de moi l'idée de me voiler la face plus longtemps. Même si je n'ai pas grand chose à voir avec ces pauvres filles d'Europe de l'Est ou d'ailleurs, j'entre désormais dans ce monde dont j'ignore tout. Mais même à mon âge, on est encore disposé à apprendre. Surtout lorsqu'il s'agit de rentrées financières à court terme. Tentant, non ?! Je ne peux pas en dire autant de la personne qui se dresse devant moi dans l'embrasure de la porte. J'avais vraiment imaginé la chose sous un angle autrement plus glamour. Marie-France n'est ni belle, ni laide, elle est juste insignifiante et sexuellement peu inspirante. Je sens dès le premier regard que ma première mission s'annonce difficile. Mais il faut faire face car en chaque client sommeille un relai commercial. Il ne s'agirait donc pas de se planter dès le premier rendez-vous et risquer de compromettre un business que j'envisage florissant. Je souris et accepte le verre de mousseux tiède tendu plus par volonté de détendre l'atmosphère que par réelle courtoisie. La vraie courtoisie aurait d'ailleurs voulu que l'on me présentat un millésimé choisi avec soin. Mais à 300 euros le rendez-vous, il s'agit d'économiser là où cela est encore possible. Donc va pour la piquette chaude. J'évite aussi toute remarque désobligeante sur la décoration et attends de voir comment la dame s'y prend pour passer à l'étape suivante. J'espère juste à ce moment là qu'elle a plus d'expérience que moi en la matière.
«Peut mieux faire sans doute» semble-t-elle m'indiquer de son regard direct en me glissant les billets dans la poche extérieure de ma veste. Elle en a eu pour son argent mais c'était juste apparemment. J'avoue ne pas avoir senti, encore moins entendu les signes d'extase auxquels je m'attendais. Tout en restant lucide sur mes dons en matière sexuelle, je partais de ce principe simple qu'une femme faisant appel à mes services serait forcément dans un état second au moindre frôlement de peau. Mais je me trompais. C'est plus compliqué que cela. Le mâle est toujours au bord de l'explosion, quelles que soient les circonstances. Les femmes sont moins animales. Je vais donc devoir travailler un peu. « La psychologie des femmes pour les Nuls » devra rapidement devenir mon livre de chevet si je veux perdurer dans ce métier...
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mercredi, 13 janvier 2010
DEUX– La fa(r)ce cachée de mon entreprise

Tout est prêt. Je suis prêt. Ne manque plus qu'une chose dans ma boutique rutillante : une clientèle déshinibée qui se rue en masse sur son nouveau jouet, le sex-toy absolu, le sexy boy définitif, le stan next generation. Et oui mesdames, il est beau, il est gentil, disponible et là pour servir mesdames, alors n'hésitez plus une seconde et venez profiter pleinement d'une produit exceptionnel que le monde entier vous enviera et surtout que toutes vos copines voudront vous piquer. Mon approche de camelot a un côté suranné qui prêterait à sourire. Ces derniers temps, tout le monde rafole d'un retour à l'authentique. Mais cela pourrait aussi être complètement à côté de la plaque et dévier sur ce qu'il faut à tout prix éviter : le tapinage à l'ancienne. Cela irait à l'encontre d'un développement raisonné. Bon, en attendant, on discute, on discute mais le compteur tourne et les factures s'accumulent. Je vais donc arrêter de tourner autour du pot et me lancer pour de bon. Mais c'est un peu comme être à la porte de l'avion juste avant le saut en parachute : l'appréhension s'est carrément muée en terreur. J'ai les roubignoles comme des noyaux de cerise et cela n'a rien à voir avec la température extérieure. Et là, ça y est, je viens de recevoir mon premier message. De grosses gouttes de sueur se sont ajoutées à une étrange envie de vomir. C'est plus fort que moi. Je me précipite aux toilettes.
Elle dit s'appeler Marie-France, être encore mariée à un homme souvent absent et vouloir me rencontrer très vite parce qu'elle en a assez de ses jouets en plastique et qu'elle a besoin de sentir quelque chose de vivant entre ses jambes. Cela a le mérite d'aller droit au but et de s'éviter les éventuelles préliminaires superflues en la matière. Elle me donne rendez-vous chez elle ce soir même et me laisse son téléphone portable pour confirmation rapide de ma part. Pas bonjour, pas au revoir, pas de photo, juste ce numéro que je dois appeler pour confirmer ma première commande au plus vite.
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mercredi, 06 janvier 2010
UN – La fa(r)ce cachée de mon entreprise
"Bonjour, moi c'est Stan qu'est-ce qui vous ferait plaisir aujourd'hui ?" Ca fait un peu trop chaine de restauration, non ? "Bonjour, je m'appelle Stan, comment puis-je vous rendre heureuse Milady ?" Définitivement trop film érotique des années 80. "Bonjour qu'est-ce que je peux faire pour vous, ma p'tite dame ?" Trop service de proximité. Pas facile de trouver le ton juste, le bon tempo, le discours adapté, la formule qui va bien. Je me répète la phrase d'introduction en m'observant bien dans la glace et j'ai encore du mal à me convaincre. Il faut être naturel, viril, sympa, rassurant, chaleureux, bien élevé et sexy, se présenter sous mon meilleur jour car les clientes sont exigeantes. Elles veulent rencontrer un concentré de bonnes manières et de canaille, le flic et le voyou, le séducteur d'un soir et l'amant éternel, elles veulent tout et son contraire, elles en veulent pour leur argent et je n'ai pas le droit de les décevoir. Bonjour, je m'appelle Stan et je suis escort. Nous sommes un certain nombre dans mon genre. Malheureusement (le monopole favorise l'expansion) ou heureusement (la concurrence stimule le développement), je ne suis pas le seul à proposer mes services et je m'en suis vite rendu compte au moment de mon référencement sur internet. Avant de démarrer, j'ai d'abord fait mon étude de marché en tâchant de repérer là où je pouvais me mettre en avant de façon pertinente. Et surprise, il y a quelques sites où le métier d'escorte masculine est relayée avec photos et tarifs à l'appui. Le fait de voir les autres en photo et de connaître leur tarification m'a largement facilité la tâche. Il y en a pour tous les goûts, surtout le mauvais et je me dis là que j'ai peut-être ma chance de trouver une place de choix en jouant sur une extrême sobriété et en privilégiant la femme mûre active urbaine. J'ai mon positionnement et ma cible et je me trouve soudain beau dans la glace avec ce sourire conquérant qui en dit déjà long sur une grande carrière qui s'annonce.
18:23 Publié dans La fa(r)ce cachée de mon entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 01 janvier 2010
La Bonne année ?
Une belle année 2010 sexy, ensoleillée et remplie de belles surprises, si possible dans le genre vraiment différent comme cette rencontre improbable sur une route de campagne où une créature venue de nulle part aurait vraiment besoin d'être secourue...

18:47 Publié dans Bloc Notes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 26 décembre 2009
Déhabillez-moi
Déshabillez-moi, déshabillez-moi

Oui, mais pas tout de suite, pas trop vite
Sachez me convoiter, me désirer, me captiver
Déshabillez-moi...
09:40 Publié dans Luxure | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 18 décembre 2009
C'est beau une ville sous la neige ?
Oui, pour l'enfant qui va pouvoir bombarder ses petits camarades et se venger enfin des esprits moqueurs. Non, pour le vrai citadin mal équipé pour affronter l'évènement et qui jouera les équilibristes pour éviter la chute. Non, pour l'automobiliste qui triplera son temps de trajet et sera perclus de crampes à force d'avoir serré son volant. Non, pour le motard qui devra abandonner sa monture au risque de finir à terre et trempé. Non, pour le commerçant car aucun client n'aura le courage d'affronter les éléments pour venir soulager sa carte bleue. Non, définitivement non car une nouvelle fois la direction de l'équipement se sera laissée surprendre malgré les alertes météo et aura livré la ville à elle-même, une gigantesque patinoire sur laquelle le monde s'est soudain arrêté.
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mardi, 15 décembre 2009
J'espère vraiment que tu peux assurer un max...
... parce que sinon, mon coco, tu ne m'intéresses pas du tout...
10:01 Publié dans Clichés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 11 décembre 2009
Je déteste l'oiseau
J'ai un nouveau pensionnaire dans l'arbre d'en face. Cette saloperie d'animal m'a encore réveillé tôt ce matin. Ce volatile matinal se prend pour un coq et entonne les premières mesures avec les premières lueurs du jour. Je ne sais pas encore à quoi il ressemble. Impossible de le voir. Dès que j'ouvre la fenêtre, il disparait. J'ai en tout cas de grands projets pour lui. Quelque chose s'apparentant au meurtre avec préméditation. Je vais y travailler très sérieusement avant qu'il ne devienne dangereux pour ma santé mentale.

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