lundi, 29 septembre 2008
Ma vie de hamster (3)
La nuit a été compliquée. La sale bête s'est encore montrée très belliqueuse et j'ai manqué perdre un oeil dans la bataille. Mon compagnon de cellule est vraiment le hamster de base. Il amoncelle des tonnes de bouffe sans même y toucher, comme si la guerre allait éclater dans les heures suivantes. Et quand il ne dort pas, ce couillon court dans une roue en plastique, histoire de faire de l'exercice entre deux siestes. Que du muscle, pas de cerveau, cette boule de poil est affligeante. Pour couronner le tout, il part en courant à chaque fois que l'une nos gentilles petites maîtresses tente une approche. Il n'est pas prêt de s'attirer leurs faveurs. En attendant, je suis le seul à sortir de la cage car moi au moins je ne les mords pas quand ils m'attrapent. D'après ce que j'ai compris, j'appartiens à la grande fille et le lobotomisé à la petite. Mais comme l'autre est hostile, ils commencent à s'en désintéresser et me servent toujours en premier. Et voilà à quoi j'en suis réduit : attendre l'heure de la gamelle et me planquer pour éviter les taquets.
Je suis un hamster et j'ai une vie de merde...
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samedi, 27 septembre 2008
La fille du kiosque
Le kiosque à journaux est bondé et pourtant on ne voit qu’elle. Elle n’est pas spécialement jolie mais c’est la seule femme qui s’attarde au rayon des revues érotiques. Alors forcément, on la remarque.
Elle feuillette un magazine de filles aux gros seins. Les photos sont explicites et de qualité médiocre. Elle les trouve laides toutes ces filles. Elle remet le magazine à sa place et en choisit un autre. C’est la même chose. Pas ou peu de textes. Juste des clichés de filles seules ou accompagnées. Gros plans, plans larges. Des culs et des seins. Du porno bon marché à portée de main. Elle est troublée. Elle ne pensait pas pouvoir tomber sur ce genre d’images dans un lieu si public. Cela l’intrigue. Elle a raté son train. Il lui reste un peu de temps à perdre. Alors elle continue à parcourir le rayon. Les gens sont étonnés. Une fille dans son genre n’a rien à faire avec une revue porno entre les mains. On l’imagine ailleurs. Pas ici en tout cas en train de se délecter de ces images. Et pourquoi pas, après tout ? Elle sent les regards désapprobateurs de ceux qui l’observent. La situation l’excite. Finalement, elle achète un magazine féminin rempli d’articles de régime et sur la meilleure façon d’affoler les mecs au bureau. Elle sourit et semble heureuse. Je la vois s’éloigner. Elle ne m’a pas remarqué.

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mardi, 23 septembre 2008
Dans un train - voiture n°4
Il déteste les voyages en deuxième classe. Les gens y sont bruyants, laids et ils sentent mauvais. Mais il doit s’en contenter car il n’a plus les moyens de faire autrement. A la belle époque, c’était la première classe, les meilleures chambres d’hôtel d’Europe et le champagne dans toutes les occasions. Du jour au lendemain, il a fallu mettre un terme à ce rythme dispendieux. Le banquier s’est montré compréhensif puis carrément impoli. Ceux qui se disaient ses amis sont devenus de vagues connaissances d’un temps hélas révolu. Il a franchi la barrière et est revenu du côté du peuple, un endroit qu’il n’aurait jamais dû quitter. Il se refuse pourtant à admettre la réalité de sa situation et arbore toujours cet air faussement aristocratique et une garde-robe trop luxueuse pour ne pas être remarquée dans un wagon de deuxième classe. Il a dégringolé. Une chute brutale dont on se remet difficilement.
11:53 Publié dans Dans un train | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 22 septembre 2008
Ma vie de hamster (2)
Et ce qui devait arriver arriva. On s'est foutu sur la gueule avec l'autre crétin. Cela n'a pas trainé. Il faut dire que la promiscuité dans laquelle nous évoluons conduit inexorablement à une prise de position tranchée. Je n'ai pas pour habitude de verser le premier sang. Et là je n'ai pas dérogé à ma ligne de conduite. C'est lui qui m'a provoqué en chippant toutes les meilleures graines. Il les a englouties et s'est terré dans le tuyau transparent en m'en interdisant l'accès. J'ai voulu passer. Cela ne lui pas plu. J'ai donné un coup de pâte. Il a riposté en m'arrachant la moitié du museau. Cette bestiole est complètement hystérique. Je ne sais pas comment ça va finir cette histoire mais les coups pleuvent au bout de quelques jours. Ce con me pique ma bouffe, chie partout et lorgne sur ma maison en coton. Je ne sais pas pourquoi nos heureux propriétaires ne se sont pas renseignés auparavant. Le hamster n'est pas fait pour vivre à deux dans une cage. A la fin il ne doit en rester qu'un et j'ai bien l'intention que ce soit moi...
Je suis un hamster et j'ai une vie de merde...
10:13 Publié dans Dans la cage du hamster | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 21 septembre 2008
Comment supporter tout ce qui dit son coiffeur ?
Pierre Desproges s'en était ému en son temps. Le coiffeur (le capilliculteur-biocosméticien) qui profite de sa position dans notre dos pour déblatérer une connerie à la seconde sur le temps qu'il fait, le climat social, les piètres performances des bleus en foot, rugby, volley, basket, hand, water polo (on s'en fout du water polo !), cette situation est tout simplement insuportable. On voudrait parfois lui saisir ses ciseaux pour lui planter dans le cou, direct, sans sommation, par pure cruauté. Le problème est justement que les ciseaux sont dans ses mains. Que peut-on envisager raisonnablement alors ? S'acheter une tondeuse (il y a des super promos sur Amazon) et faire le boulot soi-même...
09:10 Publié dans Bloc Notes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 20 septembre 2008
Douche froide
Elle rafermit les chairs et réveille les esprits endormis. Elle calmerait aussi les ardeurs. Mais pourrait-elle vraiment me calmer si un tel spectacle devait s'offrir à moi ?
19:46 Publié dans Luxure | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 16 septembre 2008
Dans un train - Voiture n°3
"Les gens ont l'air de s'en foutre, alors je continue à passer mes appels. Ils sont bien trop pleutres pour me faire remarquer que je n'intéresse personne avec mes histoires de boulot, les retards des fournisseurs, les clients exigeants et les patrons indécis. Tant qu'on ne me dit rien, je poursuis mes conversations. Il y a bien eu ce bonhomme maigrichon pour me faire les gros yeux mais les miens sont plus gros, plus perçants, plus méchants, alors il a renoncé à aller plus loin. Ce wagon est à moi. Ils ne peuvent rien contre moi. Mon pouvoir se manifeste ici même dans ce train du matin. Je les domine tous. Même ceux qui se croyaient plus forts, mieux connectés au monde entier. Car mon téléphone capte même dans les tunnels. Na !"
11:02 Publié dans Dans un train | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 15 septembre 2008
Ma vie de hamster (1)
Au début on se dit que la vie est merveilleuse parce que l'on a été choisi et que la cage prévue pour nous est vraiment magnifique avec ses tunnels en plastique transparent, la roue qui tourne, la réserve de graines bien garnie et la maison douillette en coton naturel. Côté installation, pas de raison de se plaindre car j'aurais pu sortir de l'aquarium du magasin pour aboutir directement dans une cage tordue achetée d'occasion sur Ebay avec odeur de pisse du prédécesseur et des bouts de plastique machouillés dans les coins. Rien de tel puisque l'espace est immaculé. La paille est fraîche et la nourriture n'est pas encore périmée. Seul problème à cette situation de rêve, l'autre abruti qui me sert de congénère. Avec sa tête de fouine et cette façon bizarre qu'il a de me regarder, je sens que c'est le genre de bestiole qui cherche les histoires. On dirait Hamtaro, ce stupide hamster japonais. Il me fout la trouille. C'est un hamster psychopathe, ça se voit. J'ai beau eu me manifester auprès de mes heureux maîtres, je n'ai récolté que quelques graines supplémentaires. Ils n’ont pas compris que si je ronge les barreaux de la cage, ce n’est pas pour me faire les dents mais pour échapper à ce dingue qui me regarde de travers et essaye de me renifler le derrière.
Je suis un hamster et j'ai une vie de merde...
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samedi, 13 septembre 2008
Le mec qui pète...
... dans ce genre de situation, il a de fortes chances de mourir asphyxié, non ?!

07:50 Publié dans Bloc Notes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 09 septembre 2008
Dans un train - Voiture n°2
Personne n'a remarqué ce qu'il visionne sur son portable. Son voisin dort depuis le départ du train et les autres passagers sont comme les autres passagers, ils sont plongés dans leur bouquin, leur journal, leur rapport à remettre, leur sommeil précieux, leurs pensées profondes, ils s'ignorent mutuellement parce qu'ils ont mieux à faire, parce qu'ils ne savent pas faire autrement. Personne ne voit ce gars en plein milieu du wagon, assailli d'images atroces, des images de mort, des scènes de torture, une vision dégradante de l'être humain, réduit à l'état d'animal broyé par la sauvagerie de ses semblables, par la cruauté de quelques uns, des fous laissés en liberté et qui massacrent des gens par pur sadisme. Ce monde en quelques images est dégueulasse mais il n'est pas écoeuré. Il est triste. Il a l'habitude de cette indifférence. Il rentre chez lui, à la brigade , section criminelle.
11:07 Publié dans Dans un train | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

