vendredi, 31 octobre 2008
Dans un train - Voiture n°9
Pour une fois, le trajet s'annonce tranquille. Pas de mioche qui court, qui hurle ou qui profite du voyage pour tester la résistance du fauteuil de devant en assénant de violents coups de pied à intervalles réguliers. Le calme mérité du train après une journée devant des clients récalcitrants à l'idée de voir leurs tarifs augmenter tandis que la prestation de service ne bougera pas ; mais il faut bien comprendre qu'avec la concurrence des pays émergents et la hausse du prix des carburants, tout augmente, mon bon monsieur. Silence seulement rompu par le bruit des rails et les annonces répétées du responsable de la voiture bar qui veut fourguer son stock de sandwichs mous avant l'arrivée en gare. Pas de sonnerie de portable non plus, à croire que plus personne n'a plus rien d'inintéressant à raconter à son interlocuteur sourd à l'autre bout du fil. On croit rêver. Il faudra se souvenir de ce moment unique.
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lundi, 27 octobre 2008
Ma vie de hamster (7 et fin)
Et voilà, c'est fini. Ils ont ouvert la cage pour que je me dégourdisse les pattes. Je me suis faufilé et grimpé dans les étagères et là pas de bol, j'ai ripé sur une tasse et suis allé m'écraser comme une merde sur le sol de la cuisine. Un dernier petit cri pour signifier que j'avais eu mal et puis plus rien, le trou noir. Avant de finir dans le fond du jardin, j'ai séjourné dans un sac congélation, sur la terrasse, le temps qu'ils me préparent un trou, un enterrement digne de ce nom, qu'ils nettoient la cage et les ustensiles. Et oui, c'est moche, je ne suis pas encore froid qu''ils m'ont déjà prévu un remplaçant. L'être humain est vraiment dégueulasse. Il vous prend dans un magasin, vous trimballe dans une boite en carton, vous lâche dans une cage en compagnie d'un fauve assoiffé de sang et vous regarde tomber mollement sur le sol. J'étais peut-être un pauvre hamster avec une vie de merde mais j'avais une certaine droiture. C'est pour cela que j'ai mis fin à mes jours...
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vendredi, 24 octobre 2008
Dans un train - voiture n°8
Impossible de la louper. Elle fait une entrée fracassante dans le wagon bondé en restant coincée dans la porte. Elle hurle et tout le monde s'arrête. On a mal pour elle puis on la dévisage. Les hommes sont captivés par sa beauté. Les femmes lui lanceraient volontiers toutes sortes de fruits et légumes plus ou moins mûrs, juste pour vérifier si dans ce cas elle hurlerait de la même façon. Elle sourit à l'assistance, un peu pour s'excuser du dérangement et pour remercier ces regards moins emprunts de compassion que soudain fôlement épris de cette vision. Où va t-elle s'asseoir ? Les uns prient le ciel pour que leur numéro sorte. Les autres vérifient déjà qu'il leur reste de l'eau, du café ou toute autre boisson susceptibles d'être renversée malencontreusement sur la créature. Elle avance. Elle passe. Elle vérifie son billet. Non, ce n'est pas dans cette voiture. Aux suivants !
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lundi, 20 octobre 2008
Ma vie de hamster (6)
La sommeil à haute dose serait un signe patent de dépression nerveuse chez l'humain. Et chez le hamster, qu'en est-il ? A voir notre air de chien battu, on peut légitimement se demander s'il n'y a pas anguille sous roche. Me concernant, inutile de consulter car je sais que je couve quelque chose. Je me sens bizarre entre le mou et le très mou. Un peu comme si ma vie était vide de sens et ne valait plus la peine d'être vécue. Avant, quand l'autre taré cherchait à me faire la peau, j'avais une bonne raison de m'ébattre dans la cage. Mais aujourd'hui qu'il n'est plus là, à quoi ça me sert de courir dans les tuyaux en plastique ou dans la roue ? A rien, tout simplement, inutile de chercher plus loin. Je m'emmerde. J'en ai marre de bouffer n'importe quoi. Ils m'ont tout fait goûter. Ne manque que les plats en sauce et les boissons alcoolisées et j'aurais vécu l'expérience humaine dans son intégralité. Quand vont-ils ouvrir à nouveau la cage, que je profite de l'occasion pour m'échapper et me lancer contre un mur à toute vitesse et me fracasser la tête. Être un hamster c'est vraiment nul. j'ai vraiment une vie inintéressante...
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dimanche, 19 octobre 2008
L'hôtesse de l'air
A part être à plusieurs centaines de mètres du sol, qu'est-ce qui différencie une hôtesse de l'air d'Air France d'une serveuse de Buffalo Grill ? Servir de la bouffe très moyenne avec le sourire, arborer un joli costume (j'aime assez le côté sexy de la cow girl, l'uniforme de l'air est par trop guindé) et faire face à des clients forcément cons et chiants, tout ça c'est à peu près pareil. Une idée me vient : à la prochaine grève du personnel naviguant, on envoie les serveuses du Buffalo et les passagers n'y verront que du feu. Ils seront peut-être ravis de se faire servir par des filles de saloon.
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vendredi, 17 octobre 2008
Dans un train - Voiture n°7
Aucune pudeur à avoir. On s'aime c'est tout. Et peu importe que nous soyons dans un train, affalées l'une sur l'autre à la vue de tous. Ils n'ont qu'à ne pas regarder. On ne fait rien de mal monsieur le contrôleur. Un petit bécot de temps à autre. Une main baladeuse qui s'égare, il faut bien l'avouer. Mais rien de bien méchant. Ils voient des trucs bien plus choquant à la télé. Peut-être pas forcément deux gouines, collées l'une à l'autre. Mais que peut-on répondre à cela ? Nous nous aimons votre honneur, nous sommes fières de cet amour et le revendiquons avec force. Alors pourquoi cet acharnement ? Tout ce remue-ménage parce qu'un petite vieille a porté plainte, outrée qu'un tel spectacle soit ainsi proposé dans un lieu public et que son petit-fils ait pu y assister. D'accord mais en attendant, le mioche, je l'ai bien vu qui se rinçait l'oeil !
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mardi, 14 octobre 2008
C'est la crise

Qu’est-ce qu’on doit faire en cas de crise économique avérée ? Faut-il sauver ses économies en fonçant à la banque pour tout retirer et mettre son argent au chaud sous le matelas ? A en croire certaines informations, une profession est aujourd’hui heureuse de ce vent de folie : les fabricants de coffre-fort, qui voient leurs ventes augmenter aussi vite que les bourses occidentales se ramassent à la pelle. Si l’on part de ce principe ? Pourquoi ne pas se mettre à stocker toutes sortes de denrées alimentaires, comme si on saurait quoi faire plus tard de ces dizaines de litres d‘huile ou de kilos de farine. Ne vaut-il pas mieux en fait demeurer complètement inconscient et tout flamber quitte à finir complètement à poil ? Il en restera au moins de bons souvenirs…
15:14 Publié dans Bloc Notes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 13 octobre 2008
Ma vie de hamster (5)
Qu'est-il devenu l'autre con qui m'a terrorisé pendant presque un mois ? Hante-il désormais la forêt à la recherche d'animaux ou d'humains à mordre ? A-t-il décidé de mettre fin à ses jours parce qu'il sentait que ceux-ci étaient de toute façon comptés vu la dangerosité des lieux ? S'est-il fait bouffer par un renard, un chien, une fouine ou même un canard égaré ? Je me pose toutes ces questions à son sujet parce que sincèrement je m'emmerde tout seul dans cette cage. Avant, même si je risquais ma vie quasiment à chaque instant, j'avais au moins l'assurance d'occuper mes journées. Maintenant que l'autre n'est plus là pour essayer de me tuer, ma vie a moins de sens. A part essayer d'ingurgiter les différents aliments que l'on teste sur moi (la carotte, le vieux pain, la nouille cru, le cerneau de noix, le raisin sec ou le sucre roux) mes journées sont bien ternes comparées à celles d'autrefois, il y a seulement quelques jours. Que vais-je pouvoir faire à part manger et dormir, et rêver parfois que l'on me sorte de cette cage pour explorer l'appartement dans l'espoir que la porte s'ouvre sur l'extérieur, le début d'une nouvelle aventure ? Le destin du hamster moderne serait donc celui-ci. Manger pour mourir. Dormir avant de vomir. Finir comme un ornement de chambre de petite fille affublé d'une palanquée de surnoms stupides. Triste sort que le nôtre. Décidément, je ne suis qu'un hamster et j'ai une vie de merde...
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samedi, 11 octobre 2008
La belle mort ?

Ne faut-il pas être complètement con pour mourir à cause d'un préservatif ? Comment ? En se le mettant sur la tête et en oubliant de l'enlever. Car le préservatif a cet avantage d'être étanche. C'est bien connu et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il est recommandé de le porter. Encore faut-il ne pas se tromper d'endroit.
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vendredi, 10 octobre 2008
Dans un train - Voiture n°6
"J'ai bien remarqué que le type assis à côté de moi avait ce drôle d'air pas net quand j'ai ouvert la revue de la paroisse. Je n'ai pas honte de mes convictions. Bien au contraire. Je suis très fier du travail que j'effectue depuis toutes ces années au sien de ma communauté. Et donc, en quoi ma lecture serait-elle moins respectable que les siennes ? D'ailleurs que lit-il mon aimable compagnon de voyage ? Les actualités, l'économie, la géopolitique, la sociologie ou la politique, n'ont pas grand chose à voir avec ces feuilles remplies de corps à moitié nus avec des titres fluorescents barrant les pages. Toutes ces couleurs, ce fouillis tapageur, mes yeux sont naturellement et irrésistiblement attirés vers mon voisin. Il doit se sentir épié à son tour et accélère la lecture. Celle-ci devient d'abord frénétique pour se transformer en hystérie, jusqu'au moment où il se lève prestement pour rejoindre le bar ou les toilettes. Il laisse son journal sur le siège. La couverture est sans équivoque. Aurais-je le culot de franchir la barrière de la curiosité ?"
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