lundi, 24 novembre 2008
#4 - La farce cachée de l'entreprise
La candidate de l'autre jour a été embauchée. Elle démarre ce matin. Elle ne sait pas encore que je sais tout ou presque à son sujet. Mais je ne vais pas résister longtemps. Elle est mignonne et elle me plaît bien avec son genre de fille sérieuse derrière des lunettes aux fines montures. Les lunettes, ça m'excite. Un peu de base comme garçon mais j'assume. La voilà qui arrive justement. Son regard est plus hésitant aujourd'hui. Je l'avais trouvé plus déterminée l'autre jour, plus wonder woman conquérante et cruelle, le genre d'oiseau à coincer dans un bureau le soir tard quand tout le monde est parti et qu'il n'y plus que nous mon amour oui vas-y fais moi mal avec tes talons. Ces pensées impures doivent se lire sur mon visage rougissant, à moins que ce ne soit un filet de bave à la commissure des lèvres. La jeune femme change en tout cas immédiatement d'attitude, comme si elle voulait saisir l'avantage qu'elle avait soudain sur moi pour me demander une faveur ou simplement lui autoriser l'accès aux étages alors même qu'il faut un badge pour cela ma jolie. Il faut se ressaisir et garder son rang, celui d'un honnête hôte d'accueil, fier de son métier et sûr de son geste. Je lui demande donc de décliner son identité et de me confier la carte du même nom. "Mais je travaille ici. En fait, je commence aujourd'hui." Taratata, on ne me la fait pas à moi. Je connais la faculté de certains à se faufiler dans les bureaux pour piquer les ramettes de papier, les post-it et les stylos. Je ne voudrais donc pas être tenu responsable d'un larcin qu'on aurait pu éviter si ce "gros con de l'accueil" (certains m'appellent ainsi, je le sais) avait fait correctement son boulot. La demoiselle aussi appétissante soit-elle doit se conformer aux usage de la maison. Pas de badge, pas d'ascenseur, c'est pourtant simple, non ?!
10:32 Publié dans La Farce cachée de l'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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