lundi, 15 décembre 2008

#7- La farce cachée de l'entreprise

 

photocopieuse.gifEglantine, c'est le nom de la nouvelle. J'aime ce nom. Ca sent bon le jardin et les baisers volés dans les bosquets. Ici, à part les plantes artificielles du hall, on manque un peu de verdure pour rêver à ces instants coquins, à l'abri des regards, des ragots qui s'ensuivent et de l'éventuel chantage qui peut en résulter. Moi, je sais tout ce qui se passe ici. Absolument tout, surtout quand on ne veut pas que cela se sache. Comme ce nouvel écart du directeur communication malgré les avertissements répétés, le quasi-blâme même, suite aux plaintes des stagiaires. Eglantine s'est fait attraper par Georges, notre priapique et sémillant patron de la com' depuis quinze ans déjà. Et cette fois-ci il y a même une preuve. Une personne, qui a souhaité conserver l'anonymat, m'a envoyé le petit film qu'elle avait pu prendre avec son téléphone portable. Aucun doute possible sur l'identité des protagonistes. Aucun doute non plus sur la nature de leur activité malgré la qualité un peu médiocre de l'image. La scène a été prise comme d'habitude, directement dans la salle de reprographie, à croire que les photocopieuses sont de nature à exciter la libido de notre étalon. C'est un animal. Il a marqué son territoire et revient toujours au même endroit. Si une femme s'égare vers la salle de reprographie avec Georges, on peut être certain que quelque chose va se produire. Il ne peut pas résister. J'ai entendu dire qu'il aurait suivi un traitement de désintoxication sexuelle suite aux injonctions de la direction générale, gênée par les plaintes répétées mais souhaitant conserver l'une des figures emblématiques de la maison. Sans aucun succès apparemment. Georges est multi-récidiviste. C'est ce qui fait son charme d'ailleurs. J'adore écouter les récits de ses nombreuses conquêtes, les filles aux quatre coins de l'Europe, son sens inégalé des relations avec la presse et les articles qu'il a pu obtenir uniquement grâce à son pouvoir sexuel. Ce mec est une machine. Les femmes l'adorent parce qu'il est leur jouet. On l'admire. On l'envie. On peut le plaindre aussi et s'apitoyer sur sa maladie. Moi, je ne prends pas partie et je me contente de le soudoyer dès que je peux. Cette fois-ci, j'obtiens 750 euros, un tarif raisonnable compte tenu de la preuve en ma possession. Mon fournisseur a reçu sa commission. Il me reste donc un joli billet de 500 euros pour faire quelques emplettes au centre commercial le week-end prochain.

 

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