mardi, 30 décembre 2008

Un pull pour l'hiver

 

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lundi, 29 décembre 2008

#9 - La farce cachée de l'entreprise

52.jpgAprès la fête… le blues. Dès le lendemain, on cherche surtout à savoir si cette personne si charmante la veille conservera ses indéniables vertus une fois la lumière rallumée et les effets du champagne dissipés. C’est aussi la course à l’information truculente, le ragot bon marché faisant état de baisers volés, mains baladeuses et autres démonstrations désinhibées par l’ambiance feutrée, le buffet et l’alcool. Qui est donc reparti au bras de qui ? D’habitude, on compte sur moi pour obtenir ce genre de renseignement. Mais là je suis bien désolé. Je n’ai rien vu. J’avoue avoir été accaparé toute la soirée par une piteuse approche d’Eglantine, pas du tout intéressée par ma danse de l’amour, insensible à mon charme, allant jusqu’à ignorer mon détestable chantage suite à mon espionnage du côté du local à photocopieuse. Cette petite ne doute de rien et surtout pas de son pouvoir charnel puisqu’elle m’a dit se moquer que l’on sache qu’elle ait pu fricoter avec Georges, notre sex machine de la communication. «Que peut-on vraiment me reprocher ? » m’a rétorqué l’effrontée après avoir insinué que je pourrais faire remonter l’information. Elle s’en fout complètement. De sa réputation, de se faire virer, de ce job, de cette boite, elle se fout de tout et n’a donc peur de rien. C’est une bonne façon de voir les choses. La démarche manque indéniablement de perspective mais j’admire son aplomb, ce qui la rend encore plus désirable. Ne reste plus qu’à espérer, la concernant, qu’elle se décide à changer de philosophie et se résolve un jour à accepter l’hospitalité protectrice de mes bras musclés. Dossier à suivre…

dimanche, 28 décembre 2008

Le retour de la mouche

 

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vendredi, 26 décembre 2008

Le Centre (commercial) N°6

52180564.jpgLes clients le savent. La plupart des boutiques acceptent d'échanger voire de rembourser la marchandise pour peu que l'on présente le ticket de caisse. Le lendemain de Noël peut donc être une journée consacrée à l'échange. Sylviane déteste ce moment mais elle préfère encore être là pour constater d'elle-même l'étendue des dégâts plutôt que de confier cette mission ingrate à l'une de ses vendeuses. Cette année ne devrait pas déroger à la règle. Sylviane espère que certains d'entre eux auront reçu des chèques cadeau ou des espèces et en profiteront pour les dépenser. Elle déchante rapidement. La conjoncture n'est décidément pas favorable. Les gens sont restés chez eux. Mise à part une ou deux habituées, elle n'a vu personne d'intéressant. Quelques âmes esseulées sont venues traîner devant la vitrine, l'un des vigiles l'a saluée, Monsieur Finot, le responsable adjoint du Centre lui a dit bonjour de loin et Monsieur Sarafian l'a complètement ignoré. Sylviane n'a pas renoncé à l'attirer dans ses griffes manucurées celui là mais elle doit bien reconnaître que le bonhomme n'est pas facile. Elle le sent préoccupé et lointain. Malgré des appels du pied répétés pour se faire inviter à déjeuner ou boire un café, son voisin opticien conserve une distance trop suspecte pour être honnête. Jamais un homme ne lui a autant résisté. C'est peut-être pour cela qu'elle s'acharne tant. Comme la méthode douce a montré ses limites, elle devra passer au stade supérieur si elle veut parvenir à ses fins. Elle l'inscrit mentalement dans sa liste de bonnes résolutions pour l'année prochaine. Voilà au moins une bonne chose de faite pour aujourd'hui…

lundi, 22 décembre 2008

#8 - La farce cachée de l'entreprise

061_(medium).jpgLa vie en entreprise ne serait rien sans sa traditionnelle fête de patronage, moment unique pendant lequel les différents services, si souvent antagonistes, donnent l'illusion d'appartenir à une même famille. Moi qui les observe tout au long de l'année, je sais plus que quiconque à quel point cette unité est factice, de circonstance pour contenter la direction et les ressources humaines, ceux-là même qui pondent les grands principes de la boite, une fierté ensuite inscrite dans le marbre des brochures institutionnelles : "Engagement, esprit d'équipe, responsabilité et solidarité". Balivernes marketing. Les gens se détestent. La compta méprise le service commercial qui maudit la finance qui voudrait bien externaliser l'informatique en Inde parce qu'ils sont moins arrogants et surtout beaucoup moins chers. Là où les gens se retrouvent habituellement, c'est autour de la haine du chef suprême, la direction générale, cette entité incompétente, trop payée et aveuglée par de tristes considérations portant sur la productivité du travail et la rentabilité de l'entreprise. Ici, c'est un peu différent. Personne ne déteste la direction. Personne ne l'aime particulièrement, non plus. Les gens s'en foutent. Du moment que les gamelles sont remplies, que la température est juste au dessus des normales saisonnières, tout va bien dans ce monde rendu difficile par les crises successives et la cupidité d'une poignée d'individus. Notre direction indiffère car elle n'est pas tangible. Personne ne voit le grand chef car le grand chef n'est pas là ou très peu. Impossible de le croiser dans les couloirs, à la cafeteria ou en sortant des toilettes. Il monterait directement du parking dans son bureau. Le grand chef donne ses instructions depuis l'extérieur, sa voiture, sa résidence secondaire, l'appartement de sa maîtresse... Sa fidèle assistante s'occupe de tout. Elle, est toujours là, toujours disponible, dispensant ordres, remontrances et félicitations de la part du patron. C'est souvent elle que je vois le matin en premier. Elle ne me parle plus depuis que j'ai refusé ses avances une veille de fêtes, un soir où elle se sentait encore plus seule que d'habitude.

dimanche, 21 décembre 2008

Super héro

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vendredi, 19 décembre 2008

Le Centre (commercial) - N°5

bling-bling-alized.jpgA l'heure des comptes, quand les gens arrêtent vraiment de se plaindre et regardent la réalité en face avec une certaine objectivité, on se rend compte que la crise n'a pas atteint tout le monde uniformément. On pourrait même soupçonner les plus grincheux d'être les moins touchés. La boutique Crazy Folies fait partie de cette catégorie. Edgard Simian a la complainte dans la peau. Plus le temps passe et plus les affaires sont difficiles et plus la voiture qu'il gare sur le parking est volumineuse, chère, inutilement imposante. Il en énerve plus d'un parmi les commerçants du Centre. Il agace tout le monde en fait. On ne supporte plus son cinéma permanent, cette comédie au final arrogante, complètement déconnectée de la réalité. Le numéro du brave petit commerçant acculé par tous, par tout, seul contre tous, tout et à jamais incompris des siens, et persécuté par ses ennemis ne fait plus recette. Monsieur Edgard, comme les gens l'appellent, ne fait plus rire personne et dérange maintenant que les signes tangibles de moments plus difficiles pour tous ont fini par s'installer. Crazy Folies ne s'est pas toujours appelé ainsi mais le magasin à cet emplacement a toujours eu la même vocation : dénicher un objet pas trop cher, amusant, original, un gadget, un bibelot en plastique, une bague ou un collier fantaisie, quelque chose de vraiment sincère. Crazy Folies a un slogan : un cadeau de dernière minute avec l'assurance de faire plaisir sans trop se ruiner. Donc, quelque soit la conjoncture, Monsieur Simian n'a pas grand chose à craindre pour la pérénité de son affaire.

Ce matin, c'est un peu la panique au Crazy. Une fuite d'eau menace les stocks et Edgard Simian n'a pas eu d'autres choix que de quémander l'asile commercial à quelques uns de ses voisins. La période de Noël est, comme chacun sait, cruciale pour l'année. Toutes les boutiques font le plein et les stocks regorgent de marchandises dans l'espoir d'en écouler le maximum alors et à défaut durant les soldes de janvier. Personne n'est donc capable de prodiguer l'aide demandée par Monsieur Edgard. Ils ne se sont pas donné le mot mais sont en fait tous bien contents de le voir en difficulté. Personne ne lui portera secours. Non assistance à personne en danger. La solidarité peut revêtir divers visages au Centre...

lundi, 15 décembre 2008

#7- La farce cachée de l'entreprise

 

photocopieuse.gifEglantine, c'est le nom de la nouvelle. J'aime ce nom. Ca sent bon le jardin et les baisers volés dans les bosquets. Ici, à part les plantes artificielles du hall, on manque un peu de verdure pour rêver à ces instants coquins, à l'abri des regards, des ragots qui s'ensuivent et de l'éventuel chantage qui peut en résulter. Moi, je sais tout ce qui se passe ici. Absolument tout, surtout quand on ne veut pas que cela se sache. Comme ce nouvel écart du directeur communication malgré les avertissements répétés, le quasi-blâme même, suite aux plaintes des stagiaires. Eglantine s'est fait attraper par Georges, notre priapique et sémillant patron de la com' depuis quinze ans déjà. Et cette fois-ci il y a même une preuve. Une personne, qui a souhaité conserver l'anonymat, m'a envoyé le petit film qu'elle avait pu prendre avec son téléphone portable. Aucun doute possible sur l'identité des protagonistes. Aucun doute non plus sur la nature de leur activité malgré la qualité un peu médiocre de l'image. La scène a été prise comme d'habitude, directement dans la salle de reprographie, à croire que les photocopieuses sont de nature à exciter la libido de notre étalon. C'est un animal. Il a marqué son territoire et revient toujours au même endroit. Si une femme s'égare vers la salle de reprographie avec Georges, on peut être certain que quelque chose va se produire. Il ne peut pas résister. J'ai entendu dire qu'il aurait suivi un traitement de désintoxication sexuelle suite aux injonctions de la direction générale, gênée par les plaintes répétées mais souhaitant conserver l'une des figures emblématiques de la maison. Sans aucun succès apparemment. Georges est multi-récidiviste. C'est ce qui fait son charme d'ailleurs. J'adore écouter les récits de ses nombreuses conquêtes, les filles aux quatre coins de l'Europe, son sens inégalé des relations avec la presse et les articles qu'il a pu obtenir uniquement grâce à son pouvoir sexuel. Ce mec est une machine. Les femmes l'adorent parce qu'il est leur jouet. On l'admire. On l'envie. On peut le plaindre aussi et s'apitoyer sur sa maladie. Moi, je ne prends pas partie et je me contente de le soudoyer dès que je peux. Cette fois-ci, j'obtiens 750 euros, un tarif raisonnable compte tenu de la preuve en ma possession. Mon fournisseur a reçu sa commission. Il me reste donc un joli billet de 500 euros pour faire quelques emplettes au centre commercial le week-end prochain.

 

vendredi, 12 décembre 2008

Le Centre (commercial) - N°4

st davidsshoppers.JPGIls ont installé les traditionnelles animations si chères aux enfants. Les nounours, les lions, les oies, les marmottes, les chiens, les chats, les hamsters, tous les animaux sont susceptibles de se transformer un jour en pantins de Noël pour la joie des petits et des grands. Cette année ne déroge pas à la règle. Les responsables du Centre ont mis les moyens habituels, des moyens qui peuvent apparaître exceptionnels dans des moments troublés. Mais que serait Noël au Centre sans ses animations ? Et sans ses échoppes temporaires ? Plusieurs fois dans l'année, le Centre accueille des stands qui selon la thématique et la saison peuvent être amenés à varier. Au départ, les commerçants du Centre voyaient ces animations d'un mauvais oeil. Puis ils se sont vite rendus à l'évidence qu'il n'y avait pas de réelle concurrence. Les "manouches" comme certaines mauvaises langues les surnomment ne sont là que pour quelques jours, deux semaines tout au plus, avec l'obligation de ne pas proposer de produits pouvant être achetés par ailleurs chez les commerçants du Centre. Il n'y a donc pas de risque. Juste moins de place pour circuler dans les allées.

Marius a toujours été favorable aux manouches. Pour lui, comme pour d'autres dragueurs invétérés, c'est une aubaine. Beaucoup de ces stands sont tenus par de jolies jeunes femmes susceptibles de rentabiliser le prix de la location de l'espace assez vite. Elles ont été choisies pour leur physique avantageux et leur bagout. Exactement le style de femmes de Marius. Facilement abordables, par définition itinérantes, elles sont de tous âges, blondes, brunes, rousses, à la peau claire ou foncée, elles sont toutes différentes et toutes identiques, elles plaisent à Marius et c'est bien là le principal puisque tant qu'il sera résident du Centre, les marchands du temple, les manouches et les jolies femmes peu farouches seront les bienvenus, surtout si leurs formes sont mis en valeur avec avantage et ostentation. On peut donc lui dire merci à Marius...

lundi, 08 décembre 2008

#6 - La farce cachée de l'entreprise

doigt.jpgPourquoi devrait-on virer les types qui ne servent pas à grand chose dans une entreprise ? Combien resterions-nous s'ils se mettaient à dégager les parasites en CDI, les pique-assiettes professionnels, les tire au flanc certifiés et les membres du comité d'entreprise ? Je m'élève contre cet ostracisme. De telles mesures sont dangereuses. Quand on commence à s'en prendre aux minorités visibles, on finit par voir les autres, ceux qui se cachent en ayant l'air débordé, ceux que l'on ne réussit pas à joindre parce qu'ils ne sont pas encore rentrés de déjeuner, ceux qui sont cramponnés à leurs écrans, happés par des 'chats' torrides ou des loteries en ligne. Il ne faut pas se laisser faire. Il faut lutter camarades. Je promets donc à mon pote Serge de m'occuper personnellement de son cas.  Car après lui, c'est les autres et je viens juste en suivant sur la liste. A force de supprimer tous nos jobs, de tout mettre dans les pays moins développés, ils vont finir par trop les développer ces foutus pays. Et lorsqu'ils voudront revenir en arrière, parce que les pays seront trop développés et demanderont plus d'argent et de RTT, il sera trop tard. Nous serons tous morts de faim et d'ennui.

La DRH m'aime bien. Elle sait que je sais qu'elle picole en cachette et qu'elle se tape parfois des stagiaires pré-pubères. Et comme j'ai su tenir ma langue, elle sait aussi que mon silence ne pourra demeurer indéfiniment gratuit. Moi aussi, j'ai un prix. Il peut varier rapidement. Aujourd'hui, il s'agit du job de Serge. Elle me voit vite venir avec mes gros sabots car elle n'est pas toujours imbibée la vieille. Elle a aussi ses instants de lucidité. Je suis l'un des seuls qui la vouvoie dans la maison. "Josy, vous ne pouvez pas raisonnablement envisager le licenciement de ce pauvre Serge. C'est un gars bien et volontaire. Je suis sûr que vous pourriez lui trouver d'autres missions qui justifieraient le maintien de son poste." "Il pourrait par exemple vous remplacer, cher ami. Qu'en pensez-vous ?" L'alcool ne lui a pas griller tous les circuits. Elle parvient encore à couper l'herbe sous le pied de certains. Et j'ai beau faire mon malin, je ne suis pas infaillible. Pour couper court à son chantage, j'engage immédiatement le mien et cela fonctionne. Ils sont quelques uns à vouloir sa peau à la vieille bique et ne seraient que trop ravis de tomber sur les preuves de ses agissements hautement déplacés pour une DRH. Serge a obtenu un sursis. Je me suis engagé à lui trouver de nouvelles occupations prochainement.

 

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