lundi, 26 janvier 2009
#13 - La farce cachée de l'entreprise
Finalement, on se remet assez facilement d'une rupture. et ce d'autant plus que cela n'en est pas vraiment une. Nous n'avons rien vécu avec Yvonne. Une banale histoire d'un soir, certes torride mais vouée à s'arrêter là parce que nous l'avions décidé ainsi dès le début, surtout moi. J'ai beau jeu après coup de singer l'amant éconduit, je n'ai eu que ce que je méritais. Mais voilà, sous la carapace de l'amant impénitent se cache ce grand romantique que je n'ai jamais cessé d'être. Il s'agit de faire bonne figure maintenant et oublier cette fille, qui rappelons-le est loin d'être terrible. Alors à quoi bon se lamenter. Mais même les moches peuvent faire pleurer !
Serge, fin psychologue devant l'éternel, a senti un changement, une légère contrariété chez son collègue. Il viendrait presque se frotter comme un animal domestique bien décidé à rassurer son maître et s'assurer de sa gratitude pour plusieurs générations. "C'est bon Serge. Je m'en remettrai. Rien de grave. J'ai juste un peu le bourdon après l'amour. Juste par gourmandise car j'en aurai bien pris encore une part. Tout va bien. Tu peux arrêter tes yeux de cocker neurasthénique." Mais je me suis trompé. Serge n'est en rien attristé par mon sort. Il a besoin de moi pour quelque chose et ne sait pas comment me le demander. Alors il me tourne autour en attendant que je l'interroge, que je m'inquiète pour lui et que je lui propose mon aide. Il fait son grand timide et cela a le don de m'exaspérer. "Mais qu'est-ce que tu veux à la fin ?"
12:09 Publié dans La Farce cachée de l'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 25 janvier 2009
Le paradis, c'est par ici

07:44 Publié dans Clichés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 23 janvier 2009
Le Centre (commercial) - N°10
Virgile est un peu l'ami de tous, ici au centre. Les commerçants l'ont vite adopté car un personnage iconoclaste est forcément attachant. On le voit converser avec tous, les clients, les habitués, les pressés, les trainants, les familles, les femmes seules, les enfants perdus, les vieux oisifs, les vieilles mal lunées, les jeunes à la mode et celles qui cherchent à le devenir, les ados complexés et les jeunes turbulents. Aucun genre n'a sa préférence. Virgile aime les gens dans leur diversité. Il s'enrichit à leur contact, se constitue une vaste réserve de personnages et de vies pour ensuite alimenter un imaginaire dédié à la littérature. Virgile est écrivain et il recherche en permanence de la matière pour nourrir ses histoires et surtout ses personnages. Ici, au centre c'est l'endroit rêvé pour faire la plein de caractères pour s'en servir ensuite dans la construction de ses personnages et de ses histoires. Tout est à portée de main, il suffit d'observer et de prendre quelques notes. On le voit souvent parler à son talkie-walkie. Mais à l'autre bout, personne n'est sensé lui répondre. Il a collé un dictaphone à son instrument de travail. La vie passe ainsi devant lui sans se rendre compte qu'elle est immortalisée par un vigile un peu artiste qui photographie oralement une tenue originale, un regard évocateur, une tension perceptible, des soucis en pagaille, une envie de tout plaquer, une montagne d'espoir, une foule de sentiments que seul l'oeil avisé d'un observateur éclairé est capable de capter et d'enregistrer sur un dictaphone reçu à l'occasion d'un anniversaire. Virgile ne surveille en fait pas grand chose dans le Centre. En matière de sécurité, on a vu mieux. Il fait davantage partie d'un décor qui donnerait presque des allures de village à un simple centre commercial de banlieue. Pourquoi alors devrait-on briser le charme sous prétexte d'être dans les normes ?
14:49 Publié dans Le Centre (commercial) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 19 janvier 2009
#12 - La farce cachée de l'entreprise
Une fois dénudé, le cul d'Yvonne a tenu toutes ses promesses. Le reste aussi d'ailleurs. Avec la pénombre entretenue par un éclairage aux bougies, son visage disgracieux a vite été oublié. Je n'ai vu que son cul, ses seins, ses mains divines qui parcouraient mon corps, me grattaient le dos, les genoux, les avant bras et le bas de la nuque. Yvonne est une championne. En plus, cette femme est une femme de parole. Dès le lendemain, elle m'a complètement oublié. J'aurais pourtant aimé, même si ce n'est pas trop mon genre, pouvoir rejouer cette scène inoubliable, juste une fois, promis, pour goûter encore une fois, mais si c'est promis, à l'agilité de ce corps spécialement conçu pour les plaisirs de la chair, surtout la mienne qui crie famine justement parce qu'on se refuse à elle. De grâce ma bonne Yvonne, sois sympa et souviens-toi de moi, de cette soirée merveilleuse, de nos baisers, de cette fougue qui était la tienne, que j'ai fait mienne, de nos râles, de nos cris, merde Yvonne rappelle-moi ! Elle a disparu de la circulation. Je m'inquiète. Sa collègue me dit ne pas l'avoir vu. Mais je le sais ça puisque tout le monde passe devant moi chaque matin. Ce que j'ignore c'est pourquoi elle n'est pas venue, elle si ponctuelle, jamais malade, toujours prête à travailler, capable de résister aux humiliations de la DRH, cette salope qu'il faudra que je coince elle aussi un jour à la sortie des toilettes. En attendant Yvonne a disparu et cela m'inquiète. La collègue me rappelle enfin. Cela lui était sorti de la tête. Yvonne est partie en vacances ce matin. Elle s'est envolée pour le Mexique. Deux semaines dans le Yucatan. Il est tout à fait certain qu'après tout ce temps passé au soleil à boire des cocktails, elle m'aura définitivement oublié. Mais n'est-ce pas ce que je voulais, après tout ?
10:17 Publié dans La Farce cachée de l'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 16 janvier 2009
Le Centre (commercial) - N°9
A y regarder d'un peu plus près, les effets de la crise ont tendance à s'estomper avec les jours qui passent. Les clients se sont d'abord montrés timides à l'annonce du début des soldes. Puis, ils finissent par sortir de chez eux, bravant le froid et les faibles perspectives de rentabilité de leur épargne. Car tout est fait pour minimiser leur inquiétude. On leur dit que l'Etat prête de l'argent aux banques pour qu'elles puissent en prêter à leur tour (l'avion à grande échelle, en somme et donc pas de quoi être vraiment rassuré). On change nos gouvernants, on s'occuperait enfin du sort de la planète et promis, on va essayer d'arrêter la guerre dans le monde, parce que c'est mal et surtout parce que c'est mauvais pour le business.
Virgile se fait volontiers l'écho de l'évolution de notre société occidentale vieillissante et décadente selon lui. Virgile est un vigile pas comme les autres. Il dit avoir choisi ce métier après des études universitaires complètes, assez brillantes mais au final peu en adéquation avec la réalité du monde du travail. Après avoir longuement milité dans diverses associations en lutte contre la fabrication industrielle de chômeurs à vie via l'université, il s'est résolu à trouver un job, quelque chose de simple et pas trop loin de chez lui, un travail lui permettant de côtoyer des gens sans avoir à les forcer à acheter quelque chose (commercial ou commerçant, quel métier dégradant !), un poste d'observation sur le monde et la vie des gens. En choisissant cette voie originale, il dit avoir suivi les traces de son cousin germain qui s'est retrouvé hôte d'accueil d'une grande PME nationale et qui comme lui, avait fait ce choix étrange de peut-être sacrifier un talent caché pour avoir simplement le plaisir de se délecter de la vie des autres. Iconoclaste et forcément attachant, Virgile est, comme quelques autres, une figure du Centre
10:31 Publié dans Le Centre (commercial) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 14 janvier 2009
C'est l'heure de l'apéro

06:43 Publié dans Clichés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 12 janvier 2009
#11 - La farce cachée de l'entreprise
Yvonne, la responsable du recrutement, a un cul admirable. Cette fille n'est pas spécialement jolie, elle se situerait même à la frontière de l'internationale des moches, mais elle laisse deviner un corps spécialement conçue pour les amateurs de formes généreuses et bien proportionnées. Et dans la catégorie des arrière-train de compétition, elle occupe de facto le haut du podium. Ce genre de charme ne me laisse pas insensible. J'avoue cette faiblesse parmi tant d'autres. Certains diraient que la déontologie m'empêche d'aborder le sujet sexuel avec Yvonne. Balivernes de trouillards ! Car la déontologie s'arrête là où commence mon bon plaisir. C'est plutôt du côté de sa voix que je suis gêné. Sa voix m'est insupportable. Cette façon de geindre avec le nez la fait ressembler à un instrument de musique improbable, quelque chose entre la trompette en plastique, la mue de l'adolescent et l'atroce souffrance d'un animal exotique (un petit singe ou un oiseau rare). Je l'ai déjà entendu se régaler à table. Je crains donc le pire si nous devions passer aux choses vraiment sérieuses. On m'a dit d'ailleurs que j'avais toutes les bonnes raisons de me méfier sur ce point. La dame peut certes se montrer exaltée, elle est avant tout sonore et démonstrative. Mais c'est plus fort que moi. Je ne sais pas résister. La gourmandise, toujours la gourmandise, cette irrésistible besoin de satisfaire des envies permanentes surtout lorsqu'il s'agit du charme de ces dames qui me font de l'oeil à longueur de journée. C'est fatiguant tout ce désir qui ne demande qu'à être assouvi. Et moi je ne suis là que pour rendre service au fond. C'est un peu ce que je me dis au moment où je coince Yvonne à la sortie des toilettes. L'étreinte est brève, torride et prometteuse. Elle me donne rendez-vous chez elle, ce soir, avec la promesse d'une aventure sans lendemain, juste pour se détendre après une journée de boulot. J'adore ça. Etre juste pris pour un drink !
16:59 Publié dans La Farce cachée de l'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 09 janvier 2009
Le Centre (commercial) - N°8
Que deviendrait le commerce mondial sans la période des soldes ? C'est assez dingue de constater ce que les gens sont disposés à faire pour décrocher le privilège de repartir avec un objet soldé. Cela est encore plus vrai lorsque l'on parle de vêtements. Sylviane contourne ainsi l'hystérie bi-annuelle avec sa boutique de décoration. Le trafic dans le magasin et les ventes font certes un saut notable en janvier et en juillet mais rien de comparable avec les dizaines de boutiques de fringues du Centre. La course au chemisier remisé n'aura pas lieu Pour Sylviane. Elle a toujours refusé les nombreuses propositions de reprises d'enseignes de mode. Les gens du Centre savent qu'elle est assise sur un joli magot, ce n'est un secret pour personne (des héritages successifs d'après les colporteurs de ragots mal informés), c'est donc très naturellement vers elle que les regards se tournent à chaque opportunité. Mais elle ignore la chose. "Je bosserai toute l'année pour quasiment rien, simplement pour brader les fins de collection deux fois dans l'année ?" Pas question de jouer à ce petit mesquin! Sylviane a toujours considéré les soldes comme la négation du commerce de détail, comme si les clients étaient assez stupides pour payer le prix fort toute l'année et devenaient soudain avisés, enfin moins bêtes quelques semaines en hiver et en été. Elle a une très haute opinion de son métier, un grand respect pour sa clientèle et veut, avant tout, demeurer en dehors des mouvements de masse. Les soldes, c'est l'hystérie collective érigée en nouveau précepte de la société de consommation, l'être humain réduit à la condition de hamster, emmagasinant les produits pour les consommer plus tard. Du haut de son comptoir, Sylviane observe le ballet étourdissant des mégères en goguette mais s'inquiète surtout de savoir à quel moment son opticien de voisin daignera enfin l'inviter à dîner.
15:28 Publié dans Le Centre (commercial) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 05 janvier 2009
#10 - La farce cachée de l'entreprise
Il fut un temps où l'on me reprocha mon manque d'ambition. Pas ouvertement bien sûr car la famille a aussi pour rôle d'être un cocon où la bienveillance flirte avec la mauvaise foi avérée mais je sentais souvent, au cours des réunions familiales, mes parents mal à l'aise avec l'idée que j'ai pu faire des études supérieures pour échouer derrière un desk d'accueil. Ils m'auraient davantage imaginé financier (mauvaise inspiration) ou directeur commercial (ah les parents et leurs idées saugrenues !) et certainement pas responsable des allées et venues d'une foule d'inconnus et de connus, de lignes téléphoniques et accessoirement d'un peu de courrier postal tant que l'internet laissera encore un peu de boulot à notre précieuse Poste nationale. Il m'a fallu du temps pour leur expliquer que ce job avait des avantages, dont celui d'être le poste d'observation rêvé pour une quête anthropo-sociologique, thème si cher à mon coeur. Les gens m'intéressent. Leur vie m'intéresse. Leurs travers, leurs vices, leurs secrets me passionnent. Je ne suis qu'un voyeur gourmand qui se régale tous les jours, car chaque jour apporte son lot de non-dit, de mesquinerie, de méchanceté, de gestes admirables, de choses simples rendant la vie de ces gens soudain intéressante. Pourquoi devrais-je alors bouder mon plaisir, renoncer à tous ces petits bonheurs quotidiens sous prétexte que dans la vie il faut faire carrière, avoir plein de pognon et rouler dans une grosse voiture polluante pour afficher sa réussite professionnelle et masquer d'autres carences inavouables ? Je suis bien là où je suis. L'année passée a été riche en micro-événements dont je me suis délecté. Ce n'est pas maintenant que je vais renoncer à mon plaisir. A ce stade, ce n'est plus de la gourmandise, c'est de la boulimie...
10:30 Publié dans La Farce cachée de l'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 04 janvier 2009
j'aime le tricot

09:01 Publié dans Clichés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

