jeudi, 19 février 2009
Le Centre (commercial) - N°14
Julien Finot a convoqué tous les commerçants du Centre ce matin. Le directeur veut leur parler et a demandé à son adjoint de se débrouiller pour organiser au plus vite une réunion en s'arrangeant avec une enseigne avec assez de place pour accueillir l'évènement. C'est la première fois depuis qu'il est responsable du lieu que Monsieur Barde prend ce genre d'initiative. Les gens sont par conséquent inquiets de ce qui pourrait en ressortir. Dans le magasin de sport où tout le monde commence à s'agiter, les pronostics les plus fous circulent. Le Centre va être complètement restauré ou détruit. Monsieur Barde aurait choisi de ré-attribuer les emplacements de chacun ou de céder à la tentation des grandes enseignes de chaînes internationales qui poussent depuis longtemps aux portes du Centre pour s'implanter de façon très significative. Il est 9h15 et Monsieur Barde fait enfin son entrée. La plupart des magasins ouvriront dans moins d'une heure et il s'agit de ne pas traîner en route. Il ne manque a priori personne. On peut démarrer.
"Bonjour, je ne serai pas long car nos portes ouvriront bientôt et nous avons tous du travail". L'entrée en matière fleure la campagne de réélection mais personne n'est d'humeur à plaisanter. "J'ai demandé à Julien Finot d'organiser cette réunion car il me semble important que nous soyons à un moment ou un autre tous réunis pour discuter de certains sujets. C'est pourquoi avec votre accord, je souhaiterai que cette première soit suivie d'autres. Je propose donc un rendez-vous fixe trimestriel avec la possibilité de programmer d'autres réunions ponctuelles si les circonstances l'exigeaient. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette proposition ?" Tout le monde est pris au dépourvu. On croyait à l'annonce de quelque chose d'important. Mais il s'agit juste d'une décision stupide d'un bureaucrate pour qui la vie active se résume à organiser des réunions, à aller à des réunions, à faire des compte-rendu de réunions, bref à confondre son travail avec une réunion ! Un vote à mains levées sans enthousiasme est improvisé et la motion est acceptée. Chacun est prêt à retourner à sa boutique. "Avant que vous ne partiez, je souhaitais quand même avoir votre avis sur l'ouverture le dimanche." Stupéfaction dans l'auditoire ...
11:38 Publié dans Le Centre (commercial) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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