jeudi, 26 mars 2009
#18 - La farce cachée de l'entreprise
Vais-je grandir un jour, acquérir cette maturité qui fait de l'homme mûr un homme respectable et écouté ? Croire encore à mon âge que le simple fait de vouloir changer les choses a une chance de faire aboutir mon projet relève moins de l'utopie que de la bêtise. J'ai bien essayé d'amadouer une station de radio populiste en mal de sujet racoleur avec mon histoire de DRH alcoolique et tyrannique. Mais tant que celle-ci ne fait pas subir d'atroces sévices sexuels à des stagiaires non payés ou n'emploie pas de travailleurs clandestins dans des conditions épouvantables, on m'a rétorqué que mon témoignage n'avait aucune chance de passer le barrage du sensationnel à vocation commercial. Pour intéresser l'opinion, il suffit en fait de lui livrer ce qu'elle attend, au moment voulu. En l'occurrence, l'opinion se délecte ces derniers temps de scandales financiers, dans lesquels on évoque des nantis bien gras s'enrichissant sans vergogne sur le dos de pauvres petits. Je tiens assurément là un angle d'attaque imparable. Il me suffirait alors d'alerter un auditoire déjà sensibilisé et de leur faire miroiter d'inexcusables malversions mais je doute de l'efficacité de la manœuvre. Qui pourrait s'intéresser à un petit trafic de notes de frais quand d'autres déploient des millions d'ingéniosité pour mettre à l'abri du besoin leur famille pour plusieurs générations ? Notre DRH est certes une saloperie néfaste qui doit cesser de nuire rapidement, en agissant de la sorte, je risquerai surtout de provoquer des dommages collatéraux dont j'ignore la portée. Je tourne en rond. A part mettre un contrat sur son dos pour lui casser les jambes ou lui faire peur dans le parking, je ne vois pas ce que je pourrais faire pour mettre fin à ses agissements. Je pourrais peut-être pactiser avec l'ennemi...
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samedi, 21 mars 2009
Avec le printemps, je me mets au régime

07:38 Publié dans Clichés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 20 mars 2009
#17 - La farce cachée de l'entreprise
Peut-on user de légèreté tandis que les choses vont mal, que la crise 'cancérise' l'économie de façon fulgurante et que nos plus belles industries se disent menacées et nos institutions financières au bord du gouffre ? Les marchés s'effondrent, le moral des ménages aussi et la flopée d'indices boursiers (le moral des investisseurs allemands ou américains, le niveau d'investissement dans le bâtiment en Europe du Nord, le cours du cacao sur les bourses sud-américaines, le Footsie, le CAC 40, le Dow Jones, le Nikkei et la parité entre la roupie indienne et le Yen chinois) prennent un virage inquiétant. Je dis donc oui à la légèreté. J'ai envie de cette légèreté. J'ai besoin de cette légèreté au risque de suffoquer complètement et de finir comme toutes ces catastrophes économiques annoncées. Alors j'ouvre la fenêtre, j'écoute les oiseaux chanter et je me délecte du passage des passantes tout à coup moins chaudement vêtues parce que le printemps pointe enfin le bout de son nez et que le premier rayon de soleil de la saison produit déjà ses premiers effets aphrodisiaques. Serge est comme moi, la truffe au vent. Il espère que le regard de l'une de ces femmes saura s'attarder sur lui et sera touché par la grâce de ce physique balourd. Il attend un peu bêtement exposé au soleil, devant la porte d'entrée de l'immeuble en rêvant de cette rencontre improbable et en évitant les déjections de pigeons venus en nombre manifester leur joie à l'approche d'un printemps s'annonçant torride. Je l'aime bien ce Serge. Il me rappelle ma chance, celle d'être né moins laid et moins bête. Au moment où je l'observe, j'ignore encore les terribles desseins de notre DRH hystérique. Serge n'est plus très loin de la sortie. Il va faire les frais des restructurations, du dégraissage de mammouth, de la mondialisation, de la précarité érigée en norme, il va tomber au champ d'honneur avec les autres, parce que les entreprises ont perdu leur responsabilité sociale et sont désormais exclusivement orientées vers la productivité absolue. Serge est un crétin et il n'a plus sa place parmi les élites. Notre DRH gagne encore du terrain et elle remporte une nouvelle victoire. A part la dénoncer à une inspection du travail rendue impuissante par le poids de la conjoncture, je ne vois pas ce que je vais pouvoir faire de mon costume de justicier d'opérette...
09:40 Publié dans La Farce cachée de l'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 15 mars 2009
C'est l'heure du coup franc

08:10 Publié dans Clichés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 12 mars 2009
#16 - La farce cachée de l'entreprise
J'aime à penser et à dire que de là où je suis, mon salaire n'est sans doute pas le meilleur mais le poste que j'occupe est certainement le plus intéressant en matière de ressources humaines. Les ressources humaines, c'est moi qui les voit, les pratique au quotidien, joue avec parfois et je sais donc de quoi je parle. J'ai donc la prétention d'en savoir beaucoup plus que notre jusqu'ici indétrônable DRH. Cette femme est cinglée, j'en ai désormais la certitude depuis que j'ai surpris une conversation entre elle et Yvonne. Yvonne est chargée du recrutement et prend ses instructions auprès de sa chef lorsque vient l'heure d'alerter les cabinets et publier les annonces sur les sites d'emploi. Le brave Bernard Dubois, éjecté sans ménagement voilà deux épisodes, a besoin d'être remplacé par quelqu'un de plus jeune mais surtout de moins laid, a-elle eu le culot de mentionner à sa fidèle collaboratrice car "vous comprenez que vis à vis de nos clients, passe encore que nos gens soient étrangers, encore faut-il qu'ils aient un minimum d'allure et que leur physique soit à l'image de la bonne santé de notre vénérable compagnie". Cette femme est inconsciente. Elle est DRH d'une grosse PME ayant pignon sur rue, peu connue du grand public mais avec une sérieuse réputation professionnelle et elle se permet de tenir des propos d'un autre temps, d'un autre monde, d'une autre planète. Je crains que nos entreprises soient remplies de ce genre de salopards racistes, fascistes et dangereux. Nous avons ici même dans nos murs l'une des ces plus farouches représentantes. En bon citoyen responsable, je me dois d'agir et faire savoir que notre responsable des ressources humaines n'est qu'un négrier sans vergogne, une hystérique portée sur la bouteille et les mauvais traitements, incapable de gérer des ressources, surtout si celles-ci sont humaines. Il est difficile d'en vouloir à Yvonne. Elle est prisonnière de cette sorcière et craint certainement trop pour son poste pour oser s'opposer à elle. Mais il faut imaginer un stratagème pour faire quelque chose sans se faire prendre, alerter l'opinion et faire cesser les agissements de cette folle. Mon côté justicier masqué reprend soudain le dessus...
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lundi, 02 mars 2009
#15 - La farce cachée de l'entreprise
Je vois plein d'avantages à travailler dans une PME non cotée à la Bourse de Paris, Francfort ou Hong-Kong. Le premier d'entre eux est le plus important. Ceux qui peuvent faire ou défaire la boite sont connus, clairement identifiés et on peut, si l'occasion se présente, entamer le dialogue, essayer du moins de leur parler un peu, entre deux réunions très importantes, une partie de golf à assumer ou un week-end à Londres à caler dans un agenda déjà surchargé par les sollicitations à droite, à gauche, à la chasse ou ailleurs. Les quelques deux cent employés que nous sommes avons donc cette chance de savoir pour qui nous travaillons, qui paye notre salaire chaque mois et qui rechigne sur les augmentations en fin d'année. Nous connaissons notre patron même s'il demeure quelqu'un de relativement mystérieux puisque souvent cloîtré dans son bureau du dernier étage. Nous savons qu'il s'appelle Bertrand Lemaitre ; nous voyons parfois sa femme, une grande bourgeoise élégante et sans charme ; certains l'ont croisé avec des enfants identifiés comme pouvant être les siens. Sa voiture est la même depuis de nombreuses années. Et il n'a plus de chauffeur depuis qu'il a compris que ce signe extérieur de richesse pouvait le desservir auprès de partenaires sociaux devenus âpres dans la négociation et de clients tout autant affûtés dans cette discipline. Oui j'affirme que nous avons de la chance pour ces bonnes raisons. Il est toujours plus facile de faire face à l'adversité lorsque l'on sait contre qui on lutte. Nous n'avons pas en face de nous une liste d'administrateurs interchangeables, qui ne se privent pas de 's'interchanger' dans les différents conseil au sein desquels ils ont leurs sièges. L'actionnaire, ce fantôme cupide flottant sur les bourses du monde, ne vient pas hanter les nuits sans sommeil de nos dirigeants obsédés par le montant de leur prime ou de leur indemnité en cas de départ anticipé. Et le cours de notre action ne guide pas de façon souvent irrationnelle leurs faits et gestes. On a donc beau se plaindre un peu, comme il est de bon ton de le faire, notre sort est plus enviable que pour beaucoup. Merci patron !
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