jeudi, 09 avril 2009
#19 - La farce cachée de l'entreprise
Avec le printemps revenu, les oiseaux chantent, les couches de vêtements diminuent et la perspective de l'étreinte sous la porte cochère, à l'égard des regards indiscrets, l'étreinte furtive, le baiser volé, la promesse d'un plaisir fugace et léger, tout cela rejaillit comme par enchantement, comme si le soleil et la douceur de l'air avaient des vertus magiques, comme si soudain nous pouvions pénétrer dans un monde merveilleux fait surtout d'amour et de plaisirs sans conséquence. Depuis mon desk, j'observe ce ballet charmant qui se déroule sous mes yeux, depuis la rue. Parfois l'une de ces silhouettes entre dans notre bâtiment et se transforme en visiteur ou en employée. C'est le moment que je préfère, juste avant que ce corps deviné ne fasse son entrée. Le fantasme s'arrête là. Dès que la personne s'est révélée, elle n'a plus d'intérêt... Et bien oui, il faut bien avouer qu'il faut s'occuper comme on peut quand on a un job de merde comme le mien. J'éprouve de la tristesse quand je vois à quel point je peux m'ennuyer parfois. Heureusement la DRH sait toujours me sortir de ma torpeur. Josy, c'est son nom (et aussi celui d'une vache, non ?!), a accepté de boire un verre avec moi ce soir. Dès qu'il s'agit de boire un coup, elle est toujours partante, je le sais. Qui plus est, l'éventualité d'une coucherie rapide et sans lendemain avec un subalterne ne peut que la mettre de bonne humeur. "Que me vaut l'honneur de votre invitation?" Je n'ai pas répondu ou plutôt si, j'ai laissé planer le doute, en évoquant une surprise, une réponse énigmatique que j'ai voulu sexy. J'ai fait mouche. A la façon que Josy a de s'adresser à moi aujourd'hui, je sens bien que la lutte finale n'est plus très loin camarade. par contre, j'ai franchement intérêt à assurer si je ne veux pas être licencié dans la foulée...
09:54 Publié dans La Farce cachée de l'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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