lundi, 18 mai 2009
#23 - La farce cachée de l'entreprise
Comme en mai, fais ce qu'il te plaît, j'ai décidé de ne pas trop en faire et de profiter pleinement des premiers vrais rayons de soleil. Dans le même temps, ça va mieux, l'ambiance se stabilise chez nous. Nous ne fermerons pas, c'est certain maintenant. A ce stade, nous avons dû diminuer un peu la voilure mais à en croire nos experts (ils sont toujours nombreux les experts en tout genre, surtout les oiseaux de mauvaise augure ou ceux qui se découvrent des compétences de pronostiqueur au dernier moment quand les jeux sont déjà faits et qu'il n'y a plus qu'à constater) nos jours ne sont plus vraiment en danger. Il convient juste de redoubler de vigilance. Super. On est contents de l'apprendre. Voilà qui met du baume au coeur. Le discours redevient ennuyeux. Donc, courage et fuyons !
J'ai la très nette impression qu'Yvonne me fait du gringue. Si j'ai bien tout suivi, elle aurait eu jusqu'à récemment un gentil fiancé mais le gentil fiancé s'est transformé en épouvantable connard le jour où elle l'a surpris incrusté dans l'une de ses copines tandis qu'il avait eu l'intention d'immortaliser le moment sans doute dans l'idée de diffuser ses ébats sur internet pour faire marrer les copains. Bref, le fiancé n'a pas fait long feu et se serait retrouvé sur le pallier de l'appartement d'Yvonne la queue entre les jambes et les restes de la caméra numérique autour du cou. On se demande souvent comment je suis aussi bien informé sur les goûts et les couleurs, les manies, les habitudes, les faiblesses et les petites histoires des uns et des autres. C'est très simple. Il suffit de faire parler les gens, les écouter attentivement et avoir une bonne mémoire. J'ai ce talent. Un savoir-faire de thérapeute, une oreille devenue experte avec l'expérience, une oreille réputée pour sa fiabilité et sa discrétion. Car il est une règle d'or qu'il faut toujours respecter dans ma pratique des relations humaines au bureau : ne jamais divulguer à tout le monde ce qui a été confié sous les sceau du secret ou du moins rendre impossible le lien entre l'information révélée et soi-même. Tout un art. Ainsi, ce que je sais à propos du fiancé d'Yvonne, je le sais sans avoir besoin de dire de qui je le tiens. Je sais aussi qu'Yvonne me regarde bizarrement depuis quelques jours, un mélange de lubricité et de timidité, comme si elle n'osait pas s'avouer que son corps tout entier réclamait l'étreinte torride, la punition ultime que je serai disposé à lui infliger si elle me le demandait gentiment. En tous cas, j'ai indéniablement un dossier à suivre en ce joli mois de mai...
11:10 Publié dans La Farce cachée de l'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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