mercredi, 19 août 2009
#28 - La farce cachée de l'entreprise
A force de ne pas faire grand-chose, j'ai fini par ne plus vouloir rien faire du tout. On prend de mauvaises habitudes en été quand on reste au bureau. Certes, le téléphone sonne encore un peu, mais beaucoup moins. Certes, il y a encore des courriers qui arrivent, mais beaucoup moins. Certes, il y a des gens qui sont là mais je me demande bien pourquoi ils ne les ont pas envoyés en vacances forcées compte tenu de la baisse flagrante d'activité. Pour faire bonne figure, ceux qui restent prennent un air occupé mais je sais qu'ils passent leurs journées à préparer leurs vacances, celles qu'ils démarreront quand tout le monde sera rentré et que l'activité économique aura repris un niveau normal. C'est le moment qu'ils choisissent pour partir les feignants. Car ceux qui se targuent d'assurer l'interim pendant l'été sont les pires glandeurs de la boite. Pendant les deux mois d'été, c'est pire que le reste de l'année : arrivée vers dix heures, deux heures de pause-déjeuner dans le jardin public et départ vers dix-sept heures trente pour la piscine ou l'apéro en terrasse. Entre temps, ils auront surfé sur internet à la recherche d'un nouvel appartement, d'un nouveau fiancé ou d'un nouveau job. Je connais les noms de ces fainéants et je pourrai facilement demander au service informatique de me tracer leur activité de la journée. Les gens sont vraiment naïfs car ils ne s'imaginent pas tout ce que l'informatique peut faire contre eux. Chez nous tout est enregistré. Nos informaticiens sont comme tous les informaticiens : des paranoïaques zélés qui pensent régler tous les problèmes en conservant les historiques de navigation sur internet. Pour ma part, j'ai pu bénéficier d'un traitement de faveur jusqu'à maintenant. Bien sûr, comme tout bon service, ce privilège n'a pas été obtenu gratuitement. Je me contente de fermer les yeux sur des pratiques douteuses qui une fois connues coûteraient certainement leur place au responsable du service, à son adjoint et probablement à toute l'équipe mouillée dans le trafic que j'ai pu identifier.
11:21 Publié dans La Farce cachée de l'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Ecrire un commentaire