mercredi, 14 octobre 2009
#35 – La farce cachée de l'entreprise
C'est bien gentil d'annoncer une opération commerciale, encore faut-il dénicher la clientèle susceptible d'acheter la marchandise. Qui sait alors mieux qu'un commercial comment s'y prendre en la matière ? Qui sait mieux que Max, le grand Max, le vendeur né, comment faire pour convaincre le chaland et lui fourguer ce à quoi il n'aurait jamais pensé auparavant ? J'aime les personnages. Il est donc naturel que j'apprécie Max et sa manière bien à lui de mener les négociations. Max ne lâche jamais. Tant qu'il n'a pas eu un refus clair et définitif de son interlocuteur, il continue sa vente, souvent proche d'un harcèlement en bonne et due forme. Le bagou et l'audace ne s'apprennent pas. Au minimum, on parviendra à surmonter sa timidité et à dépasser ses inhibitions. Max, lui, n'a pas de limite. C'est ce qui explique que rien ne l'arrête jamais.
Max sait qui je suis : le gars sympa de l'accueil qui lui sourit et avec qui il est facile de plaisanter, parler sports collectifs ou jolis minois. Une connexion typiquement masculine en somme. Il ignore que de mon côté je suis avec intérêt sa carrière, plus pour combler l'ennui que par véritable admiration. Mais c'est un fait : j'ai suivi l'ascension de ce banal commercial vers son poste actuel de chef des ventes France Nord. Comment lui dire alors que j'ai besoin de ses conseils sans risquer de compromettre mes chances de mettre sur orbite une entreprise dont il est difficile de révéler les détails à une vague connaissance de boulot ? J'opte alors pour la technique classique du 'j'ai ami qui' en prétextant le lancement prochain d'une activité de services à la personne. Le sujet est suffisamment large et à la mode pour ne pas éveiller de soupçon. Comme Max est un vendeur pur jus, seule la promesse d'une récompense saura le motiver. Et à part l'expression de ma gratitude, je n'ai pas grand chose à lui offrir en échange. Les conseils prodigués sont par conséquent très limités. En me rappelant que mon offre de service doit être suffisamment au point et que je dois constamment m'adapter aux besoins du client, Max m'a été d'une inutilité redoutable. Excepté que l'on est jamais mieux servi que par soi-même. Donc, mes conseils, je vais me les fournir tout seul...
11:21 Publié dans La Farce cachée de l'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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