mercredi, 28 octobre 2009
#37 – La farce cachée de l'entreprise
Comment vais-je me sortir de cette mauvaise passe ? J'ai les RH sur le dos. Ce n'est donc pas exactement le moment de déconner. C'est à croire qu'Yvonne était en reconnaissance pour sa chef. Elle a testé à nouveau la marchandise pour vérifier qu'elle n'était pas périmée. Qu'a-t-elle pu bien lui dire à Josy ? Que la date était dépassée ? Que le bonhomme valait encore la peine ? Que décidément ce Stan était le coup du siècle et qu'elle serait même prête à payer pour profiter encore un peu de la chaleur de son corps ? Je ne sais pas. Toutes les deux me regardent bizarrement. Comme si elles savaient quelque chose. Impossible. L'intuition féminine est certes pleine de ressources, je ne vois pas comment elles pourraient se douter un seul instant de mes nouveaux projets. Je dois cependant me méfier car le succès de l'opération doit respecter un certain timing. Pas question de lâcher la proie pour l'ombre. En attendant d'avoir stabiliser mon activité d'escorte, je dois continuer dans ce job un peu nul mais qui a le mérite de payer les factures à la fin du mois. Josy ne doit rien savoir. Je la sais trop à cheval sur les règles du droit quand cela l'arrange. Je continue donc à exécuter gentiment les tâches pour lesquelles on me paye, sans broncher, avec le sourire même, avec un soupçon de zèle parfois pour rassurer tout le monde et surtout faire comme avant mes grands projets, quand j'étais seulement le sympathique Stan de l'accueil, le gars à qui l'on sourit le matin et que l'on salue le soir en partant. Pas de raison que cela change. Tout le monde est viscéralement réfractaire au changement. C'est inscrit dans nos gênes. Nous ne sommes que des animaux, certes doués de parole pour l'essentiel et d'une relative capacité de réflexion pour beaucoup, mais à l'instar du caniche, notre équilibre repose la stabilité de l'habitude. Personne n'est en mesure ici d'imaginer que demain le brave Stan de l'accueil, ce type à l'allure somme toute assez ordinaire pourrait soudain se métamorphoser pour devenir votre escorte d'un soir inoubliable mesdames. Tiens, voilà une première bonne approche ! Je vais travailler sur le côté impromptu et la proximité...
11:22 Publié dans La Farce cachée de l'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 21 octobre 2009
#36 – La farce cachée de l'entreprise
A force de vouloir coûte que coûte me bâtir un avenir, j'en oublie les fondamentaux du présent, comme éviter de se faire virer à l'approche de l'hiver et donc faire preuve d'un minimum de motivation pour son job, même si celui-ci est dénué d'intérêt. Josy, la DRH m'a dans le collimateur. C'est ce que m'affirme Yvonne, sa fidèle chargée du recrutement. Je la soupçonne surtout de vouloir m'attirer à nouveau dans son lit. Cela demande réflexion. Je n'ai pas encore complètement basculé dans l'amour 100% payant mais je veux dès maintenant mettre en place des règles du jeu claires dans mon nouveau rapport avec les femmes. Les passables, les pas terribles, les tronches de fin de soirée, devront désormais s'acquitter d'un tarif à mettre en vigueur dès que possible. Plus question d'abuser de ma bonne volonté sans passer au préalable par la caisse. Pour les autres catégories, cela devra dépendre de mon bon vouloir et de l'état de mes finances. Donc pour Josy et Yvonne, même combat : il faudra sérieusement songer à leur laisser la brochure avec les tarifs qui vont bien à la fin. Ne reste plus qu'à leur annoncer la chose de façon assez subtile. Mais je ne suis pas certain que la prostitution sur son lieu de travail soit très bien vu d'un point de vue RH. Peut-être devrais-je alors revoir mes ambitions à la baisse, me contenter dans ce cas de figure d'offrir l'accès à mon corps gracieusement parce que c'est vous et surtout parce que vous avez ce pouvoir mesdames de mettre tout contrevenant à vos règles sur le trottoir du jour au lendemain. Le trottoir, je veux bien y aller mais uniquement à mes conditions quand je serai prêt à donner cette nouvelle orientation à ma carrière, un élan à une carrière qui n'a jamais débuté mais qui saura trouver son vrai commencement dans la configuration que je lui ai choisi. Bon d'accord pour cette fois alors, Yvonne. C'est cadeau, ça me fait plaisir...
11:22 Publié dans La Farce cachée de l'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 14 octobre 2009
#35 – La farce cachée de l'entreprise
C'est bien gentil d'annoncer une opération commerciale, encore faut-il dénicher la clientèle susceptible d'acheter la marchandise. Qui sait alors mieux qu'un commercial comment s'y prendre en la matière ? Qui sait mieux que Max, le grand Max, le vendeur né, comment faire pour convaincre le chaland et lui fourguer ce à quoi il n'aurait jamais pensé auparavant ? J'aime les personnages. Il est donc naturel que j'apprécie Max et sa manière bien à lui de mener les négociations. Max ne lâche jamais. Tant qu'il n'a pas eu un refus clair et définitif de son interlocuteur, il continue sa vente, souvent proche d'un harcèlement en bonne et due forme. Le bagou et l'audace ne s'apprennent pas. Au minimum, on parviendra à surmonter sa timidité et à dépasser ses inhibitions. Max, lui, n'a pas de limite. C'est ce qui explique que rien ne l'arrête jamais.
Max sait qui je suis : le gars sympa de l'accueil qui lui sourit et avec qui il est facile de plaisanter, parler sports collectifs ou jolis minois. Une connexion typiquement masculine en somme. Il ignore que de mon côté je suis avec intérêt sa carrière, plus pour combler l'ennui que par véritable admiration. Mais c'est un fait : j'ai suivi l'ascension de ce banal commercial vers son poste actuel de chef des ventes France Nord. Comment lui dire alors que j'ai besoin de ses conseils sans risquer de compromettre mes chances de mettre sur orbite une entreprise dont il est difficile de révéler les détails à une vague connaissance de boulot ? J'opte alors pour la technique classique du 'j'ai ami qui' en prétextant le lancement prochain d'une activité de services à la personne. Le sujet est suffisamment large et à la mode pour ne pas éveiller de soupçon. Comme Max est un vendeur pur jus, seule la promesse d'une récompense saura le motiver. Et à part l'expression de ma gratitude, je n'ai pas grand chose à lui offrir en échange. Les conseils prodigués sont par conséquent très limités. En me rappelant que mon offre de service doit être suffisamment au point et que je dois constamment m'adapter aux besoins du client, Max m'a été d'une inutilité redoutable. Excepté que l'on est jamais mieux servi que par soi-même. Donc, mes conseils, je vais me les fournir tout seul...
11:21 Publié dans La Farce cachée de l'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 10 octobre 2009
un dernier verre ?
Promis, c'est le dernier. Après je rentre. Mais si vous continuez à me regarder ainsi, je ne sais pas si je saurais résister à la tentation d'en prendre encore un, juste un, c'est promis. Après ça ferait trop et l'acidité du citron ça esquinte, non ?!
10:02 Publié dans Bloc Notes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 07 octobre 2009
#34 – La farce cachée de l'entreprise
On aura toutes les chances d'atteindre un certain éclectisme en combinant plusieurs sources d'inspiration. Certaines peuvent être dévoilées sans honte, comme la littérature, quelque chose de classique et distingué, pas du roman au kilomètre et bon marché. Pour d'autres, c'est moins distingué. Comme la télévision, cet objet vulgaire, bas de gamme, déversoir à conneries et autres ingrédients pré-digérés à destination de la ménagère, cette pauvre femme qui n'a pas le droit d'avoir plus de cinquante sous peine de sortir du panel et sombrer à jamais dans les abîmes de l'oubli collectif. La honte sera moindre si le programme est directement issu d'un bouquin, lui-même descendant d'un blog à succès. Tout le monde sera content dans l'affaire, non ?! Décidément, dès qu'il s'agit de télé, je cherche toujours me dédouaner. Après le modèle du type à la vie ordinaire basculant lentement mais sûrement, j'ai choisi celui de 'Secret diary of a call girl' ou les aventures de Belle de Jour, call-girl londonienne ayant eu la riche idée de publier ses véritables expériences d'amour tarifés, d'abord sur le web, puis en livre broché pour finir immortalisée sous les traits d'une jolie blonde pétillante à la télévision anglaise. Une nouvelle source d'inspiration pour appréhender ce métier en tâchant de garder, dans un premier temps, une certaine distance. Désormais avec deux modèles différents, masculin, féminin, provincial ou très urbain, j'ai à portée de main la méthode et des exemples concrets d'une profession que l'on dit vieille comme le monde. Il va falloir maintenant passer au stade supérieur. La documentation, c'est utile et intellectuellement satisfaisant mais ça ne rapporte pas un sou. Je vais devoir plonger dans l'action sans plus attendre et donc aller chercher la cliente. C'est le volet le plus impliquant et l'effroi succède ainsi à l'exaltation. Comment développer une activité florissante sans trop passer pour un cafard ? Comment embellir quelque chose qui n'a rien de reluisant a priori ? Comment vendre et se vendre quand on a toujours été très éloingé de ces considérations bassement mercantiles. Peut-être devrai-je demander quelques conseils aux commerciaux les plus aguerris de la boite...
10:42 Publié dans La Farce cachée de l'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 03 octobre 2009
A partir de quel âge ?...
... les garçons s'intéressent-ils à la taille des seins ?
L'adolescent, le pré-pubère montre-t-il autant d'intérêt que le trentenaire dans la force de l'âge, à la taille de la poitrine de ses condisciples ? Pas si sûr. Quand on 12, 13 ou 14 ans, que l'acné s'annonce comme un handicap pour les années à venir, que la voix tente de trouver sa place et que ça commence à gratter sous les bras, a-t-on vraiment le temps de s'attarder sur le torse des jeunes filles ? On remarque que ça a poussé pendant les vacances, que ça risque de pousser dans un futur proche, qu'il faudra attendre peut-être toute une vie mais franchement ça s'arrête là. Alors quand ? Qui se souvient de l'âge à partir duquel les nichons sont devenus une véritable obsession, la première vraie raison qui pousse à aborder une fille ? On prétextera la couleur des yeux, la beauté du sourire et la vraie personnalité de la promise comme critère de choix et éviter ainsi de passer pour un obsédé sexuel. Mais tout le monde connait la grosseur du mensonge. Il est inversement proportionnel à l'intérêt que l'on porte au sujet mentionné...
08:08 Publié dans Bloc Notes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

