vendredi, 10 juillet 2009
Le jour où j'ai arrêté de glander au bureau
Cela commençait franchement à se voir sur mes résultats. Certes je passe pour un gars sympathique, mais aussi pour le gars qui partage son temps entre la machine à café, le resto d'entreprise et à organiser ses vacances sur internet. Dans une boite où la plupart des gens bossent beaucoup (trop), je détonne et mon chef me l'a fait remarquer. Il faut changer sinon la porte me sera grande ouverte sans préavis. La vie est moche parfois.
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samedi, 04 juillet 2009
Vues de la plage II - Cliché N°1
Elle a choisi la même place que l'an dernier, la peur du changement sans doute qui a habitué son corps à un espace bien particulier et dont il est difficile de se défaire. Un poste d'observation totale sur les gestes de tous ces gens. Leurs vies deviennent soudain très intéressantes parce qu'il n'y a rien d'autre à se mettre sous la dent. Elle a fini son magazine people du moment et a la flemme d'entamer son roman de l'été. L'ennui la guette et elle laisse trainer ses yeux à droite, à gauche, comme si elle passait paresseusement devant les vitrines des boutiques du centre commercial. Ces gens n'ont en fait pas d'intérêt. Ils ont juste le mérite d'être là devant ses yeux, de s'offrir en spectacle gratuitement et d'exposer leurs rondeurs à la face du monde. Il n'y a plus aucun complexe car le soleil a commencé son travail de camouflage. Le gras cuit est tout de suite moins triste à constater que la chair blanche observée le premier jour, quand on a lentement enlevé le tee-shirt, empoigné le bourrelet en se disant que promis l'année prochain on fera mieux en démarrant le régime plus tôt dans la saison.
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mardi, 23 juin 2009
#27 - La farce cachée de l'entreprise
Je n'ai jamais été chassé. C'est un peu vexant, non ?! Pas étonnant dirait mon frère qui refuse de me parler depuis le jour où il a découvert que le gamin avec lequel il draguait les filles voilà pas si longteps avait échoué derrière un desk pour faire le larbin. Lui c'est autre chose, c'est un monsieur maintenant, avec des cartes de crédit, des crédits sur vingt ans, une femme pour les dîners en ville, une maîtresse dans chacune des succursales de sa world company, trois enfants pour renouveler les générations, un chalet à la montagne et une maison à la mer. Mon frère est l'incarnation de la réussite moderne. Il est incollable sur la géographie de l'Ile Maurice, s'endort devant CNN, fait venir son thé de Londres, ses cravates aussi. Il est tout ce que je ne suis pas, ce que je ne serai jamais, ce que je ne veux surtout devenir. Mais cela, bien sûr, il l'ignore puisque nous ne nous parlons plus. Même dans les réunions familiales, il évite soigneusement de m'adresser la parole, par crainte sans doute d'être contaminé par la médiocrité de ma vie. A vrai dire, je n'en lui en veux même pas à ce con. Nous vivons sur deux planètes différentes, parfois ces planètes se croisent mais elles ne font que se frôler car ni l'une ni l'autre ne veut du monde de l'autre. Incompatibilité totale d'humeur et de genre. Inutile de lutter. La vie est ainsi faite et même si nous provenons du même sang, nous sommes condamnés à ne jamais plus rien partager. Mais c'est pas grave. Je n'aime rien chez mon frère. A part peut-être sa femme...
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samedi, 20 juin 2009
Le jour où le sport à la télé m'a lassé et que j'ai acheté des chaussures et un survêtement
Je me suis dit que moi aussi j'avais le droit à ce sourire béat après une bonne course, la sensation d'avoir accompli quelque chose de grand, la satisfaction d'avoir enfin dépassé le pâté de maisons, aller et retour sans s'arrêter. Depuis ce jour là, je n'ai jamais cessé de courir...
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mardi, 16 juin 2009
#26 - La farce cachée de l'entreprise
C'est décidé, je ne pars pas en vacances cet été. C'est bien trop risqué en cette période où la suppression de poste pend au nez de tout le monde. Qui sait si l'on ne m'aura pas remplacé par une borne interactive ou une pulpeuse hôtesse d'une agence spécialisée en interim à décolleté provocant ? Je les connais suffisamment bien pour savoir qu'ils sont capables de tout et surtout de ne pas respecter le code du travail. Peu leur importe que j'ai passé toutes ces années à leur fidèle service, donnant leur badge aux visiteurs, même les plus vilains, les plus discourtois, répondant au téléphone à tous ces gens pas aimables, triant le courrier, commandant les taxis, les plateaux repas, les coursiers, bref me donnant à fond dans un job de merde que je ne voudrais pas perdre au profit d'un pêtasse à gros seins, simplement parce que j'aurais commis l'imprudence de partir en vacances deux semaines. Ils ne m'auront pas sur une négligence. Pour me déloger, il faudra venir me chercher, avancer des arguments qui se tiennent et prouver la faute. Je ne suis pas certain qu'ils en soient capables à ce stade. Ils ont aussi des dossiers plus gros à s'occuper, des cadres avec des salaires confortables, affublés de bonus, voitures de fonction, téléphones portables en illimité et notes de frais à rallonges. Qui peut donc en vouloir à ce brave Stan, ce crétin diplômé qui se contente de si peu alors que l'avenir lui était ouvert à une époque pas si lointaine où il aurait suffit d'un peu d'ambition, de persévérance pour faire une carrière digne de ce nom et non pas finir avec un statut de dame-pipi, certes de luxe mais dame-pipi quand même ? Hein, dites-moi, qui m'en veut ? Je veux savoir.
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vendredi, 12 juin 2009
Le jour où j'ai décidé d'arrêter de voyager à l'étranger
Parce que j'ai peur en avion et qu'on est toujours collé au gros qui ronfle ou à une vieille qui parle mais jamais placé à côté de la bombasse qui aurait été si heureuse de partager une conversation ou plus si affinités. Parce que les voyages en train sont trop longs si on décide de partir loin et de toute façon trop bruyants à cause des malpolis au téléphone, des pleurs des enfants et des annonces incessantes pour nous dire que les sandwichs et les boissons chaudes ou fraîches sont disponibles dans la voiture bar toujours située à l'autre bout du train. Parce que je suis déjà un vieux grincheux qui aime son fromage qui pue, sa cuisine raffinée et ses vins chatoyants et qu'à l'étranger, c'est bien connu, on mange mal et que la boisson est forcément frelatée puisqu'elle ne vient pas de chez nous.
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mardi, 09 juin 2009
#25 - La farce cachée de l'entreprise
Tenir un engagement a quelque chose de sacré. J'en prends donc le moins possible, et surtout lorsqu'il s'agit de promesses faites à une femme, comme une destination de week-end ou celle de ne plus me balader la truffe au vent dans le but avoué ou non de dénicher une nouvelle compagne de jeu. Yvonne se croit mieux lotie que les autres et pense à tort qu'elle me fera changer, simplement parce qu'elle sait me faire des trucs terribles et que j'en redemande. Mais il n'y a pas que le sexe dans la vie ma cocotte. Enfin presque. Nous ne sommes pas seulement des animaux condamnés à nous renifler le derrière et nous accoupler à tout bout de champ. J'ai la naïveté de croire que notre destin est un peu plus riche que cela. Nous avons été dôtés, pour la plupart d'entre nous, d'une intelligence nous permettant de nous distinguer du canidé ou du crustacé par la tenue de réflexions pertinentes sur l'état du monde et sur les meilleurs moyens d'améliorer son ordinaire. Nous pouvons avoir des idées nouvelles, en débattre et faire progresser le genre humain. C'est pourquoi ma belle, je ne vais pas me contenter de m'essoufler sur ton joli corps et caresser tes seins pendant des heures. Il va me falloir un peu plus si tu veux que notre histoire ait une chance de durer encore un peu. C'est pas facile de dire cela à une jeune femme, sûre de son sex-appeal et du pouvoir qui va avec. Je devrais la regarder dans les yeux, la fixer longuement avant de lui annoncer l'inaudible : aussi bizarre que cela puisse paraître, je veux autre chose que des câlins mais tu ne sembles pas capable de me l'offrir. Mais comment pourrais-je être aussi cruel avec une femme aussi douée ? Ce n'est tout simplement pas possible. Oublions alors de parler et revenons à l'essentiel. Viens par ici et gratte moi le bas du dos.
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samedi, 06 juin 2009
Le jour où j'ai vomi dans la photocopieuse

Je leur avais pourtant dit que je ne supportais pas le vin rosé en plein soleil. Mais ils m'ont forcé à finir la bouteille. Et comme je suis une ivrogne, je n'ai pas résisté. Pensez-donc un vendredi midi, Juste avant un week-end qui s'annonçait prometteur. Il fallait bien ça. Le week-end commence mal. ll pleut et je suis au fond de mon lit avec un mal de crâne comme jamais.
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mardi, 02 juin 2009
#24 - La farce cachée de l'entreprise
Il fait trop chaud pour travailler. Les gens sont comme moi, accablés par cette torpeur soudaine après un hiver qui n'en finissait pas. Alors quand le soleil et la température montent sans prévenir, tout le monde reste au sol, comme terrassé par la soudaineté de l'évènement. L'entreprise est figée. Tout développement futur n'est pas envisageable aujourd'hui. Car la motivation à travailler de ces messieurs est devenue inversement proportionnelle à la longueur des jupes et à la profondeur du décolleté de ces dames. Le bal de la séduction a débuté. La saison des amours promet d'être belle. Tous ces parfums qui s'entremêlent, les regards qui s'embrasent, on se croirait dans un générique de début de film porno des années 90, époque improbable où l'on voulait encore faire croire que le genre était du cinéma et qu'il fallait donc une histoire avec des sentiments.
Concernant Yvonne, je dois me résoudre à réviser mon jugement. Depuis qu'elle est passée chez le coiffeur et qu'une copine l'a conseillée pour s'habiller, elle est sortie de la catégorie des moches. Je ne dis pas seulement cela parce que nos relations deviennent plus assidues et ressembleraient presque à quelque chose de solide. Car je sais que malgré tout son talent elle ne pourra pas m'éloigner très longtemps de mes tentations. Dès qu'un sourire se fera un peu appuyé, j'oublierai Yvonne et sombrerait dans la luxure. La chaleur a cet effet sur ma libido. Elle est exacerbée d'avril à septembre. Yvonne, aussi douée qu'elle soit pour les choses de l'amour, et je m'y connais, ne saura jamais me détourner de ma destinée de séducteur impénitent. C'est peut-être triste pour elle mais c'est non négociable.
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lundi, 18 mai 2009
#23 - La farce cachée de l'entreprise
Comme en mai, fais ce qu'il te plaît, j'ai décidé de ne pas trop en faire et de profiter pleinement des premiers vrais rayons de soleil. Dans le même temps, ça va mieux, l'ambiance se stabilise chez nous. Nous ne fermerons pas, c'est certain maintenant. A ce stade, nous avons dû diminuer un peu la voilure mais à en croire nos experts (ils sont toujours nombreux les experts en tout genre, surtout les oiseaux de mauvaise augure ou ceux qui se découvrent des compétences de pronostiqueur au dernier moment quand les jeux sont déjà faits et qu'il n'y a plus qu'à constater) nos jours ne sont plus vraiment en danger. Il convient juste de redoubler de vigilance. Super. On est contents de l'apprendre. Voilà qui met du baume au coeur. Le discours redevient ennuyeux. Donc, courage et fuyons !
J'ai la très nette impression qu'Yvonne me fait du gringue. Si j'ai bien tout suivi, elle aurait eu jusqu'à récemment un gentil fiancé mais le gentil fiancé s'est transformé en épouvantable connard le jour où elle l'a surpris incrusté dans l'une de ses copines tandis qu'il avait eu l'intention d'immortaliser le moment sans doute dans l'idée de diffuser ses ébats sur internet pour faire marrer les copains. Bref, le fiancé n'a pas fait long feu et se serait retrouvé sur le pallier de l'appartement d'Yvonne la queue entre les jambes et les restes de la caméra numérique autour du cou. On se demande souvent comment je suis aussi bien informé sur les goûts et les couleurs, les manies, les habitudes, les faiblesses et les petites histoires des uns et des autres. C'est très simple. Il suffit de faire parler les gens, les écouter attentivement et avoir une bonne mémoire. J'ai ce talent. Un savoir-faire de thérapeute, une oreille devenue experte avec l'expérience, une oreille réputée pour sa fiabilité et sa discrétion. Car il est une règle d'or qu'il faut toujours respecter dans ma pratique des relations humaines au bureau : ne jamais divulguer à tout le monde ce qui a été confié sous les sceau du secret ou du moins rendre impossible le lien entre l'information révélée et soi-même. Tout un art. Ainsi, ce que je sais à propos du fiancé d'Yvonne, je le sais sans avoir besoin de dire de qui je le tiens. Je sais aussi qu'Yvonne me regarde bizarrement depuis quelques jours, un mélange de lubricité et de timidité, comme si elle n'osait pas s'avouer que son corps tout entier réclamait l'étreinte torride, la punition ultime que je serai disposé à lui infliger si elle me le demandait gentiment. En tous cas, j'ai indéniablement un dossier à suivre en ce joli mois de mai...
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