mardi, 12 mai 2009

#22 - La farce cachée de l'entreprise

grimace.JPGLa crise aura donc raison de la belle embellie de notre vénérable entreprise au niveau des embauches. Après avoir fait comme tout le monde et recruté à tour de bras, notre service ressources humaines en est désormais réduit à répondre courtoisement aux nombreuses candidatures spontanées au moyen de ce fameux courrier type ressorti pour l'occasion. La belle Yvonne fait ici son grand retour sur le devant de la scène. Certes le rôle est un peu ingrat et sans grande valeur ajoutée (qui pourrait se vanter d'expédier à longueur de journée le même courrier ?), il est en tout cas le plus important à l'heure actuelle, vu que tout le reste de la boite se terre dans l'espoir de faire oublier son nom au cas où l'on dresserait des listes de gens prêts à partir contre leur volonté. Je les vois bien tous ceux là, les anciens fiers à bras devenus timorés depuis que le bateau commence à tanguer. J'admirais parfois l'aisance de ces commerciaux aux sourires éclatants et aux costumes toujours impeccables. On sentait dans leur regards et leurs éclats de rire que le monde entier pouvait encaisser leurs boniments parce qu'il était disposé à encaisser n'importe quoi pourvu que les affaires ne soient pas menacées dans cette course effrénée au toujours plus. Maintenant que les choses se sont mises à tourner au ralenti, les rendez-vous s'amoindrissent voire s'annulent, le beau discours passe moins bien, le sourire ne suffit plus pour emporter la mise, il faut de la remise, du discount, du rabais, c'est la foire à tout, c'est trois pour le prix de deux si vous me signez le bon de commande tout de suite là maintenant. On sent l'affolement dans la volière des commerciaux. Plus personne n'est à l'abri, même pas eux les champions de la vente, les rois de la tchatche. Ils feraient presque peine à voir, ceux que l'on présentait comme les moteurs de l'entreprise. Désormais, ce sont les administratifs qui prennent le pouvoir et Yvonne en tête avec son joli cul et cet air supérieur affiché à tous les étages. Faites bien attention à ne pas lui déplaire car elle pourrait inscrire votre nom sur la liste des volontaires au départ...

mardi, 21 avril 2009

#21 - La farce cachée de l'entreprise

Girafe male.jpgLes bonnes vacances, les vraies, les grandes, de plusieurs semaines avec farniente et apéro à gogo, se préparent longtemps à l'avance. On n'improvise pas les vacances d'été. Les vacances d'été ont quelque chose de sacré, tout le pays se mobilise pour que juillet et août soient les plus réussis, les plus inoubliables, comme si le reste de l'année n'était consacré qu'à la réussite de ces deux mois là. Je ne crois donc pas aux vacances de dernière minute, surtout pas pour cette période. Le risque est trop grand de se retrouver dans une location pourrie avec literie défoncée, vaisselle en plastique, plomberie défaillante, pas de télé, ni d'internet, un endroit misérable avec la météo qui va avec. Je prépare donc dès maintenant mon mois d'été, toujours en France car mon côté très chauvin prend le dessus. Mon pays regorge de bonnes idées et je ne pense pas avoir assez de toute une vie pour en avoir fait le tour. J'aime mon pays. J'en suis fier et je trouve toujours dommage qu'on ne sache pas l'apprécier à sa juste valeur. Je veille donc au grain et suis toujours très attentif aux prestations proposées par nos professionnels du tourisme. Cette année, j'hésite entre la Normandie et la Bretagne. Dans les deux cas, je ne m'attends pas à attraper des coups de soleil, même si mon été le plus chaud se déroula il y a quelques années en Normandie lors d'une canicule monumentale de sinistre mémoire. Je partirai seul et ne rejoindrai donc pas le troupeau familial dans la maison familiale avec les traditionnelles disputes familiales et les repas familiaux autour des éternels sujets qui fâchent et des bons petits plats qui réconcilient tout le monde. Je n'irai pas avec eux cette année car j'estime avoir atteint l'âge de ne plus passer mes vacances avec mes parents, mes frères et soeurs et mes cousins...

 

 

mardi, 14 avril 2009

#20 - La farce cachée de l'entreprise

psychose.jpgLe minimum syndical a été assuré. Apparement la DRH a apprécié sa soirée, notamment la fin. Je n'ai pas eu besoin de forcer mon talent car elle démarre au quart de tour la Josy. Une bonne vieille mécanique, classique et robuste, une routière endurante et fiable. J'espère avoir été clair dans mes intentions. Je ne souhaite pas instaurer quelque chose de durable entre nous. Notre échange certes intense n'avait qu'une vocation catarcitique, hygiénique et rien de plus. Elle ne doit pas en vouloir davantage. C'est dangereux. Pour l'équilibre naturel des choses, pour notre relation, pour la pérenité de mon job, surtout. C'est bien le genre d'hystérique capable de me mettre à la la porte parce que je n'aurais pas été capable un soir de la faire décoller. Une psychopathe. Je l'imagine bien avec son couteau à grande lame, venant hanter les couloirs de mon immeuble, les yeux exorbités, la bave aux lèvres, prête à me dépecer parce que j'aurais eu des velléités de mettre fin à notre relation (ça rappelle un film, non ?!). J'ai peur de ce genre cinglée, célibataire suspecte, maîtresse abandonnée inconsolable qui pourrait commettre l'irréparable suite à un différent avec un jeune mâle trop lâche pour la plaquer proprement et qui aurait ignoré ses appels et ses messages en guettant la lassitude de l'éconduite. J'ai toujours eu peur de ce genre de situation. C'est bien pour cela que je prends toujours soin de bien sélectionner mes partenaires. Dans un premier temps, je ne fournis jamais d'information compromettante, ni numéro de téléphone, ni adresse, ni email, rien qui pourrait mettre mon intégrité physique ou mentale en danger. C'est toujours moi qui prend contact. Si la confiance s'établit, si elle commence à montrer de réels signes de fiabilité, alors je lâche un peu de leste. Mais jamais avant d'être bien certain que je ne risque rien et surtout pas de me retrouver nez à nez avec une cinglée. Certains ont la phobie des araignées ou des serpents. Moi je crains plus que tout les folles avec des grands couteaux. Chacun son truc...

 

 

samedi, 11 avril 2009

Ce week-end, c'est la feria

 

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jeudi, 09 avril 2009

#19 - La farce cachée de l'entreprise

retourprintemps.jpgAvec le printemps revenu, les oiseaux chantent, les couches de vêtements diminuent et la perspective de l'étreinte sous la porte cochère, à l'égard des regards indiscrets, l'étreinte furtive, le baiser volé, la promesse d'un plaisir fugace et léger, tout cela rejaillit comme par enchantement, comme si le soleil et la douceur de l'air avaient des vertus magiques, comme si soudain nous pouvions pénétrer dans un monde merveilleux fait surtout d'amour et de plaisirs sans conséquence. Depuis mon desk, j'observe ce ballet charmant qui se déroule sous mes yeux, depuis la rue. Parfois l'une de ces silhouettes entre dans notre bâtiment et se transforme en visiteur ou en employée. C'est le moment que je préfère, juste avant que ce corps deviné ne fasse son entrée. Le fantasme s'arrête là. Dès que la personne s'est révélée, elle n'a plus d'intérêt... Et bien oui, il faut bien avouer qu'il faut s'occuper comme on peut quand on a un job de merde comme le mien. J'éprouve de la tristesse quand je vois à quel point je peux m'ennuyer parfois. Heureusement la DRH sait toujours me sortir de ma torpeur. Josy, c'est son nom (et aussi celui d'une vache, non ?!), a accepté de boire un verre avec moi ce soir. Dès qu'il s'agit de boire un coup, elle est toujours partante, je le sais. Qui plus est, l'éventualité d'une coucherie rapide et sans lendemain avec un subalterne ne peut que la mettre de bonne humeur. "Que me vaut l'honneur de votre invitation?" Je n'ai pas répondu ou plutôt si, j'ai laissé planer le doute, en évoquant une surprise, une réponse énigmatique que j'ai voulu sexy. J'ai fait mouche. A la façon que Josy a de s'adresser à moi aujourd'hui, je sens bien que la lutte finale n'est plus très loin camarade. par contre, j'ai franchement intérêt à assurer si je ne veux pas être licencié dans la foulée...

 

 

jeudi, 26 mars 2009

#18 - La farce cachée de l'entreprise

hommemur.jpgVais-je grandir un jour, acquérir cette maturité qui fait de l'homme mûr un homme respectable et écouté ? Croire encore à mon âge que le simple fait de vouloir changer les choses a une chance de faire aboutir mon projet relève moins de l'utopie que de la bêtise. J'ai bien essayé d'amadouer une station de radio populiste en mal de sujet racoleur avec mon histoire de DRH alcoolique et tyrannique. Mais tant que celle-ci ne fait pas subir d'atroces sévices sexuels à des stagiaires non payés ou n'emploie pas de travailleurs clandestins dans des conditions épouvantables, on m'a rétorqué que mon témoignage n'avait aucune chance de passer le barrage du sensationnel à vocation commercial. Pour intéresser l'opinion, il suffit en fait de lui livrer ce qu'elle attend, au moment voulu. En l'occurrence, l'opinion se délecte ces derniers temps de scandales financiers, dans lesquels on évoque des nantis bien gras s'enrichissant sans vergogne sur le dos de pauvres petits. Je tiens assurément là un angle d'attaque imparable. Il me suffirait alors d'alerter un auditoire déjà sensibilisé et de leur faire miroiter d'inexcusables malversions mais je doute de l'efficacité de la manœuvre. Qui pourrait s'intéresser à un petit trafic de notes de frais quand d'autres déploient des millions d'ingéniosité pour mettre à l'abri du besoin leur famille pour plusieurs générations ? Notre DRH est certes une saloperie néfaste qui doit cesser de nuire rapidement, en agissant de la sorte, je risquerai surtout de provoquer des dommages collatéraux dont j'ignore la portée. Je tourne en rond. A part mettre un contrat sur son dos pour lui casser les jambes ou lui faire peur dans le parking, je ne vois pas ce que je pourrais faire pour mettre fin à ses agissements. Je pourrais peut-être pactiser avec l'ennemi...

samedi, 21 mars 2009

Avec le printemps, je me mets au régime

 

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vendredi, 20 mars 2009

#17 - La farce cachée de l'entreprise

truffe.jpgPeut-on user de légèreté tandis que les choses vont mal, que la crise 'cancérise' l'économie de façon fulgurante et que nos plus belles industries se disent menacées et nos institutions financières au bord du gouffre ? Les marchés s'effondrent, le moral des ménages aussi et la flopée d'indices boursiers (le moral des investisseurs allemands ou américains, le niveau d'investissement dans le bâtiment en Europe du Nord, le cours du cacao sur les bourses sud-américaines, le Footsie, le CAC 40, le Dow Jones, le Nikkei et la parité entre la roupie indienne et le Yen chinois) prennent un virage inquiétant. Je dis donc oui à la légèreté. J'ai envie de cette légèreté. J'ai besoin de cette légèreté au risque de suffoquer complètement et de finir comme toutes ces catastrophes économiques annoncées. Alors j'ouvre la fenêtre, j'écoute les oiseaux chanter et je me délecte du passage des passantes tout à coup moins chaudement vêtues parce que le printemps pointe enfin le bout de son nez et que le premier rayon de soleil de la saison produit déjà ses premiers effets aphrodisiaques. Serge est comme moi, la truffe au vent. Il espère que le regard de l'une de ces femmes saura s'attarder sur lui et sera touché par la grâce de ce physique balourd. Il attend un peu bêtement exposé au soleil, devant la porte d'entrée de l'immeuble en rêvant de cette rencontre improbable et en évitant les déjections de pigeons venus en nombre manifester leur joie à l'approche d'un printemps s'annonçant torride. Je l'aime bien ce Serge. Il me rappelle ma chance, celle d'être né moins laid et moins bête. Au moment où je l'observe, j'ignore encore les terribles desseins de notre DRH hystérique. Serge n'est plus très loin de la sortie. Il va faire les frais des restructurations, du dégraissage de mammouth, de la mondialisation, de la précarité érigée en norme, il va tomber au champ d'honneur avec les autres, parce que les entreprises ont perdu leur responsabilité sociale et sont désormais exclusivement orientées vers la productivité absolue. Serge est un crétin et il n'a plus sa place parmi les élites. Notre DRH gagne encore du terrain et elle remporte une nouvelle victoire. A part la dénoncer à une inspection du travail rendue impuissante par le poids de la conjoncture, je ne vois pas ce que je vais pouvoir faire de mon costume de justicier d'opérette...

dimanche, 15 mars 2009

C'est l'heure du coup franc

 

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jeudi, 12 mars 2009

#16 - La farce cachée de l'entreprise

glouglou.jpgJ'aime à penser et à dire que de là où je suis, mon salaire n'est sans doute pas le meilleur mais le poste que j'occupe est certainement le plus intéressant en matière de ressources humaines. Les ressources humaines, c'est moi qui les voit, les pratique au quotidien, joue avec parfois et je sais donc de quoi je parle. J'ai donc la prétention d'en savoir beaucoup plus que notre jusqu'ici indétrônable DRH. Cette femme est cinglée, j'en ai désormais la certitude depuis que j'ai surpris une conversation entre elle et Yvonne. Yvonne est chargée du recrutement et prend ses instructions auprès de sa chef lorsque vient l'heure d'alerter les cabinets et publier les annonces sur les sites d'emploi. Le brave Bernard Dubois, éjecté sans ménagement voilà deux épisodes, a besoin d'être remplacé par quelqu'un de plus jeune mais surtout de moins laid, a-elle eu le culot de mentionner à sa fidèle collaboratrice car "vous comprenez que vis à vis de nos clients, passe encore que nos gens soient étrangers, encore faut-il qu'ils aient un minimum d'allure et que leur physique soit à l'image de la bonne santé de notre vénérable compagnie". Cette femme est inconsciente. Elle est DRH d'une grosse PME ayant pignon sur rue, peu connue du grand public mais avec une sérieuse réputation professionnelle et elle se permet de tenir des propos d'un autre temps, d'un autre monde, d'une autre planète. Je crains que nos entreprises soient remplies de ce genre de salopards racistes, fascistes et dangereux. Nous avons ici même dans nos murs l'une des ces plus farouches représentantes. En bon citoyen responsable, je me dois d'agir et faire savoir que notre responsable des ressources humaines n'est qu'un négrier sans vergogne, une hystérique portée sur la bouteille et les mauvais traitements, incapable de gérer des ressources, surtout si celles-ci sont humaines. Il est difficile d'en vouloir à Yvonne. Elle est prisonnière de cette sorcière et craint certainement trop pour son poste pour oser s'opposer à elle. Mais il faut imaginer un stratagème pour faire quelque chose sans se faire prendre, alerter l'opinion et faire cesser les agissements de cette folle. Mon côté justicier masqué reprend soudain le dessus...