lundi, 02 mars 2009
#15 - La farce cachée de l'entreprise
Je vois plein d'avantages à travailler dans une PME non cotée à la Bourse de Paris, Francfort ou Hong-Kong. Le premier d'entre eux est le plus important. Ceux qui peuvent faire ou défaire la boite sont connus, clairement identifiés et on peut, si l'occasion se présente, entamer le dialogue, essayer du moins de leur parler un peu, entre deux réunions très importantes, une partie de golf à assumer ou un week-end à Londres à caler dans un agenda déjà surchargé par les sollicitations à droite, à gauche, à la chasse ou ailleurs. Les quelques deux cent employés que nous sommes avons donc cette chance de savoir pour qui nous travaillons, qui paye notre salaire chaque mois et qui rechigne sur les augmentations en fin d'année. Nous connaissons notre patron même s'il demeure quelqu'un de relativement mystérieux puisque souvent cloîtré dans son bureau du dernier étage. Nous savons qu'il s'appelle Bertrand Lemaitre ; nous voyons parfois sa femme, une grande bourgeoise élégante et sans charme ; certains l'ont croisé avec des enfants identifiés comme pouvant être les siens. Sa voiture est la même depuis de nombreuses années. Et il n'a plus de chauffeur depuis qu'il a compris que ce signe extérieur de richesse pouvait le desservir auprès de partenaires sociaux devenus âpres dans la négociation et de clients tout autant affûtés dans cette discipline. Oui j'affirme que nous avons de la chance pour ces bonnes raisons. Il est toujours plus facile de faire face à l'adversité lorsque l'on sait contre qui on lutte. Nous n'avons pas en face de nous une liste d'administrateurs interchangeables, qui ne se privent pas de 's'interchanger' dans les différents conseil au sein desquels ils ont leurs sièges. L'actionnaire, ce fantôme cupide flottant sur les bourses du monde, ne vient pas hanter les nuits sans sommeil de nos dirigeants obsédés par le montant de leur prime ou de leur indemnité en cas de départ anticipé. Et le cours de notre action ne guide pas de façon souvent irrationnelle leurs faits et gestes. On a donc beau se plaindre un peu, comme il est de bon ton de le faire, notre sort est plus enviable que pour beaucoup. Merci patron !
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vendredi, 27 février 2009
Le Centre (commercial) N°15
Tout le monde le sait. Le travail du dimanche est un vrai sujet. Et les commerçants du Centre comprennent finalement l'empressement des responsables à les réunir sur ce thème. Monsieur Barde est visiblement mal à l'aise sur ce point. Dès les premiers mouvements d'humeur de certains en faveur du projet, il fait état de pressions municipales pour ne pas ouvrir le Centre commercial le dimanche. L'autre association des commerçants, celle du centre ville, aurait fait pression sur certains membres du Conseil municipal pour éviter une concurrence supplémentaire. Si, jour de marché, le Centre devait être ouvert, la ville perdrait une partie de son âme car son marché se viderait immanquablement. Tout argument, aussi ténu soit-il, est bon pour sauvegarder les intérêts des protagonistes de l'affaire. Marius est d'accord pour ne pas froisser les susceptibilités de ses confrères. Edgard Simian ne souhaite pas travailler plus. Sylviane tente de mettre tout le monde d'accord en proposant une ouverture limitée, entre 13h et 19h. L'idée est accueillie avec enthousiasme par Monsieur Barde qui voit là l'opportunité de concilier les intérêts des parties en présence. Le marché du centre ville ne souffrira d'aucune concurrence et les boutiques non plus. On peut procéder au vote. Ceux qui le souhaitent pourront ouvrir le dimanche. Cette quasi unanimité autour du projet redonne le sourire à Monsieur Barde. Une campagne d'affichage démarrera le mois prochain pour annoncer la mise en place le mois suivant, le temps pour chacun de s'organiser et recruter de nouveaux vendeurs. Julien Finot remercie les participants tandis que son chef serre quelques mains en quittant les lieux. Le candidat en campagne et son fidèle aide de camp. Les portes du Centre vont ouvrir. Il est temps de retourner au boulot...
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jeudi, 26 février 2009
Big Bisou

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lundi, 23 février 2009
J'aime la police

07:36 Publié dans Clichés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 19 février 2009
Le Centre (commercial) - N°14
Julien Finot a convoqué tous les commerçants du Centre ce matin. Le directeur veut leur parler et a demandé à son adjoint de se débrouiller pour organiser au plus vite une réunion en s'arrangeant avec une enseigne avec assez de place pour accueillir l'évènement. C'est la première fois depuis qu'il est responsable du lieu que Monsieur Barde prend ce genre d'initiative. Les gens sont par conséquent inquiets de ce qui pourrait en ressortir. Dans le magasin de sport où tout le monde commence à s'agiter, les pronostics les plus fous circulent. Le Centre va être complètement restauré ou détruit. Monsieur Barde aurait choisi de ré-attribuer les emplacements de chacun ou de céder à la tentation des grandes enseignes de chaînes internationales qui poussent depuis longtemps aux portes du Centre pour s'implanter de façon très significative. Il est 9h15 et Monsieur Barde fait enfin son entrée. La plupart des magasins ouvriront dans moins d'une heure et il s'agit de ne pas traîner en route. Il ne manque a priori personne. On peut démarrer.
"Bonjour, je ne serai pas long car nos portes ouvriront bientôt et nous avons tous du travail". L'entrée en matière fleure la campagne de réélection mais personne n'est d'humeur à plaisanter. "J'ai demandé à Julien Finot d'organiser cette réunion car il me semble important que nous soyons à un moment ou un autre tous réunis pour discuter de certains sujets. C'est pourquoi avec votre accord, je souhaiterai que cette première soit suivie d'autres. Je propose donc un rendez-vous fixe trimestriel avec la possibilité de programmer d'autres réunions ponctuelles si les circonstances l'exigeaient. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette proposition ?" Tout le monde est pris au dépourvu. On croyait à l'annonce de quelque chose d'important. Mais il s'agit juste d'une décision stupide d'un bureaucrate pour qui la vie active se résume à organiser des réunions, à aller à des réunions, à faire des compte-rendu de réunions, bref à confondre son travail avec une réunion ! Un vote à mains levées sans enthousiasme est improvisé et la motion est acceptée. Chacun est prêt à retourner à sa boutique. "Avant que vous ne partiez, je souhaitais quand même avoir votre avis sur l'ouverture le dimanche." Stupéfaction dans l'auditoire ...
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Bientôt le week-end...
... moment idéal pour laver sa voiture...
07:33 Publié dans Clichés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 16 février 2009
#14 - La farce cachée de l'entreprise
C'est toujours moche de voir un gars se faire sortir. Surtout quand ce gars a plus de cinquante ans, a donné les vingt-cinq plus belles années de sa vie à la boite et que le DRH ne prend même pas la peine de le raccompagner lui-même jusqu'à la porte. On m'a averti ce matin que Bernard Dubois devrait me rendre son badge avant de quitter l'entreprise. Pourquoi moi ? Depuis quand dois-je m'occuper de ce genre de chose, faire la police à la place des autres et me farcir le regard noir et désespéré de ce pauvre type foutu à la porte parce que son âge constitue désormais un handicap ? Ces gens sont non seulement des salopards, ce sont également des lâches. Quelqu'un décide d'éjecter un employé mais personne n'a le cran d'en endosser la responsabilité jusqu'au bout. Que va-il devenir ce pauvre Bernard ? Pauvre, c'est bien le mot parce qu'à son âge et n'ayant connu qu'une seule boite, je ne donne pas très cher de sa peau quand il sera dehors. Comment annoncer la nouvelle à sa femme ? Le crédit de la maison en banlieue court toujours. Les enfants envisageaient de longues études avec un passage à l'étranger. Et la famille se retrouvait chaque été depuis toujours dans une belle propriété en Vendée. J'imagine que toutes ces informations résonnent dans sa tête. L'angoisse doit lui serrer la gorge. Les mains sont moites et il a certainement du mal à respirer en ce moment. Il a dû ouvrir la fenêtre et se pencher pour respirer l'air frais. Je guette le trottoir. Ne manquerait plus qu'il tombe au pied de mon desk !
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vendredi, 13 février 2009
Le Centre (commercial) - N°13
Le bilan est mitigé après les soldes. Personne ne peut se targuer d'avoir brillamment passé l'épreuve mais personne non plus n'est resté sur le bord de la route. Les gens ont acheté un peu. Ils ont dépensé un peu. Ils ont regardé beaucoup. Ils se sont attardés parfois, ont hésité souvent. Pas d'enthousiasme particulier, pas de quoi se réjouir. Comment se réjouir de faire l'essentiel de son année au moment où l'on brade sa marchandise ? Y-a-il matière à être fier de cela ? Sylviane reste sourde à l'argumentaire développé par Virgile. Elle l'écoute poliment parce qu'elle le trouve joli garçon. Elle le trouve touchant dans son costume mal ajusté. Il a l'air perdu. Elle en prendrait bien un morceau pour son quatre heures. Lui, continue son discours parce qu'il pense avoir capté une audience. Ces yeux clairs le dévorent et marquent là un intérêt évident par la clairvoyance du propos. C'est plutôt flatteur de savoir ainsi tenir son public en haleine. A ce rythme, il pourra bientôt haranguer des foules entières, les exhorter à se soulever contre toutes les oppressions qui les menacent. Il a un grand avenir d'homme politique, c'est maintenant une évidence. Il commencera d'abord localement, au Centre par exemple, en se faisant élire délégué du personnel. Puis il faudra voir plus grand. La commune ou carrément le département. Et si tout va bien, il tentera l'Europe. Virgile trouve que ça sonne bien 'député européen'. Ce projet l'enthousiasme mais il voudrait un avis extérieur. Il interroge Sylviane qui s'en fout. "Pourquoi pas mon jeune ami. Cela me fait penser que j'ai certainement quelque chose qui pourrait vous servir pour votre carrière. Si vous voulez bien me suivre dans la réserve..." Virgile est tout excité par la nouvelle et lui emboîte le pas...
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lundi, 09 février 2009
Le Centre (commercial) - N°12
Jean-Claude Bounel a toujours clamé que même en période de crise aigüe, les secteurs du sexe et de la nourriture sauront toujours trouvé des clients. En restant sur les fondamentaux de l'être humain (manger, dormir, s'accoupler) il n'y aurait, selon lui, aucun danger pour une activité commerciale de ce type, même un peu médiocre. C'est un peu vrai mais pas complètement. Car il faut aussi s'adapter. Pour le sexe, c'est ce qu'il a fait. Lui aussi a pris le virage de l'internet très tôt et a dû laisser tomber le secteur lucratif des sex-shop. En tant qu'expert-comptable indépendant, il avait fait le choix de se spécialiser. Les clients d'alors se passaient le mot facilement et l'on savait dans tout Paris que Bounel était l'homme de la situation dès qu'il s'agissait de présenter une comptabilité raisonnablement exacte tout en préservant le placement astucieux de sa retraite au Luxembourg ou en Suisse. L'essor de l'internet a contraint Jean-Claude Bounel à une diversification accélérée. Il a opéré le virage sans regret car cela coïncidait à une période où les services administratifs commençaient à mettre en doute la probité de son travail. C'est ainsi qu'il a atterri au Centre. Edgard Simian et sa boutique Crazy Folies lui a mis le pied à l'étrier. Mais ayant très vite compris que son client n'était pas des plus appréciés au sein de la communauté, il a vite élargi sa clientèle pour finalement abandonner le Crazy Folies et sa mauvaise réputation. La gratitude ne fait pas toujours bon ménage avec la réussite professionnelle. A ce jour, toutes les commerces indépendants du Centre utilisent les services du cabinet Jean-Claude Bounel, expert-comptable. Seul Edgard Simian et son arrogante boutique travaillent en dehors de son giron. Simian est assimilé par les autres aux magasins de chaînes, un autre monde. Il faut toujours une tête de turc au sein d'un groupe. On est ainsi certain d'avoir au moins un point de convergence.
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vendredi, 06 février 2009
Le chef est-il un con ?
Par définition oui. Seul le con accepte de devenir chef pour humilier ses anciens collègues, devenus ses vassaux. En passant de l’autre côté, la société l’a anobli et il a, à ce titre, droit de vie et de mort sur son entourage. Il faut vraiment être con pour croire cela, non ? Comme bon nombre de personnes pensent qu’il en est ainsi, on en déduit que les envahisseurs sont donc là. Nos entreprises regorgent de cons à tous les étages. Seule solution : la fuite pour éviter la contamination.
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