mercredi, 25 novembre 2009
#40 – La farce cachée de l'entreprise
Voilà, c'est décidé, je me lance à fond dans mon entreprise et j'arrête de tourner autour du pot. Vélléitaire à vie, très peu pour moi. Tous ces gens qui rêvent de grandeur, de quelque chose au moins, et qui ne s'en donnent pas les moyens, m'agacent souverainement. Les pochetrons restent au stade de la résolution de bistrot, accoudés au bar après trois tournées bien déterminés à changer les choses sitôt la dernière gorgée avalée. Pathétique. Je ne veux pas être de ceux là.
J'ai donc demandé à Yvonne une rupture conventionnelle de mon contrat de travail et la DRH n'a fait aucune difficulté, comme si elle était contente de se débarasser enfin de moi. Avec cette nouvelle façon de quitter l'entreprise, qui dit départ volontaire sans pertes, ni fracas, signifie les plus souvent création d'une activité dans la foulée. Auto-Entrepreneur, c'est tout moi ça maintenant. Mon départ suscite donc des interrogations. Qu'est-il bien capable de faire le Stan de l'accueil, à part l'accueil justement vu que ça fait des années qu'il ne fait que ça et que cela étonnerait tout le monde qu'il puisse faire autre chose pour gagner sa vie. Mystère. Celui-ci doit demeurer entier. Pas question que je leur donne ce plaisir. Et puis on ne sait jamais, peut-être parmi ces dames de l'entreprise y a-t-il des futures clientes que je ne voudrais pas effrayer.
Solde de tout compte et certificat de travail en main, cela veut dire que c'est terminé. Je quitte la maison sans les honneurs du pot de départ, les fausses larmes et le cadeau de circonstance. Je pars comme je suis venu, avec la modestie qui caractérise la fonction occupée pendant toutes ces années. Je pars sans regret avec l'espoir d'une nouvelle vie plus intéressante. Je quitte cette farce permanente de l'entreprise et j'abandonne mon rôle à un autre. Au suivant...
Fin de la série. La suite début 2010.
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mercredi, 18 novembre 2009
#39 – La farce cachée de l'entreprise
Je me souviens d'une époque pas si lointaine où il fallait être un as de l'informatique pour éditer sur internet. Cette époque est désormais révolue. N'importe qui peut publier n'importe quoi, n'importe quand. Et c'est tant mieux dans mon cas car je peux démarrer sans plus attendre. J'ai sélectionné les photos, celles où je suis seul, bronzé, souriant et avec cet air recommandable qui me fait passer pour un gendre idéal, même si ce n'est pas le but recherché ici, mais on s'en fout ça rassure le chaland et c'est bien là le principal. Pour le reste, les clichés plus suggestifs, voire coquins, j'ai acheté un petit appareil numérique avec un pied. A en croire ce que j'ai observé, il est inutile de basculer dans la pornographie pour susciter l'intérêt. Le suggestif devrait suffire. Afin d'établir mon book de référence, j'aurais pu compter sur la complicité d'un tiers de confiance mais cette personne n'existe pas. Qui serait, dans ce cas de figure, suffisamment digne de confiance pour entrer dans la combine en jurant sur la tête de plusieurs générations que non il ne dévoilera pas les projets d'expansionisme sexuel du grand Stan ? Personne, absolument personne. Inutile de rêver. Ma vie, tout le monde s'en fout mais ce genre d'information croustillante, ça intéresse tout le monde. Pensez donc m'sieurs, dames, ce brave gars dont vous croisez le regard tous les matins en arrivant au bureau n'est en fait pas celui qu'il prétend être, un modeste hôte d'accueil d'une PME prospère. C'est une escorte masculine, une putain de luxe, un guy next door dont vous pouvez abuser sexuellement si vous êtes disposées, mesdames (ladies only !) à débourser au moins trois cents billets. Vu comme ça, la marchandise n'a plus la forme, ni la même couleur. Je dois donc me débrouiller seul pour la mettre en scène et surtout en valeur avec l'aide d'un retardateur récalcitrant. Pas facile d'être un homme objet !
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mercredi, 04 novembre 2009
#38 - La farce cachée de l'entreprise
Et si tout reposait sur le concept du 'guy next door' ? J'ai vu que cela fonctionnait assez bien pour les filles, le fantasme de la fille d'à côté, la voisine du dessus soudain transformée en tigresse lubrique, qui derrière les lunettes de l'honnête travailleuse et l'austérité de ses vêtements cache une personnalité originale et surtout une sexualité débridée. Et pour les hommes qu'est-ce que cela donnerait ? Le coup du facteur semble carrément dépassé, à moins peut-être d'opérer dans des campagnes encore très reculées. Mais seraient-elles encore prêtes à payer ces femmes qui depuis des générations se tapent le facteur gratos pendant que le mari est bien trop occupé par ses champs ou ses bêtes ? Tout simplement inimaginable ! Le 'guy next door' évolue en milieu éminemment urbain auprès d'une clientèle allant de la ménagère en mal de câlin à l'executive woman surmenée et sans temps à consacrer à la recherche d'un partenaire pour l'accouplement. Le 'guy next door' est l'incarnation du fantasme du plombier à domicile ('bonjour c'est le plombier, hum !'), de l'installateur du câble ('bonjour je suis l'installateur du câble, hum, hum !'), du livreur de pizza (bonjour, c'est le livreur de pizza, hum, hum, hum !) du réparateur de lave-vaisselle ('bonjour, c'est Darty ma p'tite dame !). Il est l'objet de toutes les convoitises car il est accessible et disponible, et bien sûr extrêmement serviable. Je veux bien être cet homme là, un homme objet que l'on oublie après usage et que l'on rappelle quand l'envie devient trop pressante. Je serai sans conséquence, si ce n'est financière parce qu'il faudra vous acquitter d'au moins deux cents euros, mesdames. Comme les nouveaux péages, tout dépendra de l'heure de passage, et si la prestation de service demandée a lieu en semaine ou pendant le week-end. J'ai préparé une grille assez simple directement disponible sur ma page internet. Tarif public et non négociable. Ne reste plus qu'à ouvrir ma petite affaire...
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mercredi, 28 octobre 2009
#37 – La farce cachée de l'entreprise
Comment vais-je me sortir de cette mauvaise passe ? J'ai les RH sur le dos. Ce n'est donc pas exactement le moment de déconner. C'est à croire qu'Yvonne était en reconnaissance pour sa chef. Elle a testé à nouveau la marchandise pour vérifier qu'elle n'était pas périmée. Qu'a-t-elle pu bien lui dire à Josy ? Que la date était dépassée ? Que le bonhomme valait encore la peine ? Que décidément ce Stan était le coup du siècle et qu'elle serait même prête à payer pour profiter encore un peu de la chaleur de son corps ? Je ne sais pas. Toutes les deux me regardent bizarrement. Comme si elles savaient quelque chose. Impossible. L'intuition féminine est certes pleine de ressources, je ne vois pas comment elles pourraient se douter un seul instant de mes nouveaux projets. Je dois cependant me méfier car le succès de l'opération doit respecter un certain timing. Pas question de lâcher la proie pour l'ombre. En attendant d'avoir stabiliser mon activité d'escorte, je dois continuer dans ce job un peu nul mais qui a le mérite de payer les factures à la fin du mois. Josy ne doit rien savoir. Je la sais trop à cheval sur les règles du droit quand cela l'arrange. Je continue donc à exécuter gentiment les tâches pour lesquelles on me paye, sans broncher, avec le sourire même, avec un soupçon de zèle parfois pour rassurer tout le monde et surtout faire comme avant mes grands projets, quand j'étais seulement le sympathique Stan de l'accueil, le gars à qui l'on sourit le matin et que l'on salue le soir en partant. Pas de raison que cela change. Tout le monde est viscéralement réfractaire au changement. C'est inscrit dans nos gênes. Nous ne sommes que des animaux, certes doués de parole pour l'essentiel et d'une relative capacité de réflexion pour beaucoup, mais à l'instar du caniche, notre équilibre repose la stabilité de l'habitude. Personne n'est en mesure ici d'imaginer que demain le brave Stan de l'accueil, ce type à l'allure somme toute assez ordinaire pourrait soudain se métamorphoser pour devenir votre escorte d'un soir inoubliable mesdames. Tiens, voilà une première bonne approche ! Je vais travailler sur le côté impromptu et la proximité...
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mercredi, 21 octobre 2009
#36 – La farce cachée de l'entreprise
A force de vouloir coûte que coûte me bâtir un avenir, j'en oublie les fondamentaux du présent, comme éviter de se faire virer à l'approche de l'hiver et donc faire preuve d'un minimum de motivation pour son job, même si celui-ci est dénué d'intérêt. Josy, la DRH m'a dans le collimateur. C'est ce que m'affirme Yvonne, sa fidèle chargée du recrutement. Je la soupçonne surtout de vouloir m'attirer à nouveau dans son lit. Cela demande réflexion. Je n'ai pas encore complètement basculé dans l'amour 100% payant mais je veux dès maintenant mettre en place des règles du jeu claires dans mon nouveau rapport avec les femmes. Les passables, les pas terribles, les tronches de fin de soirée, devront désormais s'acquitter d'un tarif à mettre en vigueur dès que possible. Plus question d'abuser de ma bonne volonté sans passer au préalable par la caisse. Pour les autres catégories, cela devra dépendre de mon bon vouloir et de l'état de mes finances. Donc pour Josy et Yvonne, même combat : il faudra sérieusement songer à leur laisser la brochure avec les tarifs qui vont bien à la fin. Ne reste plus qu'à leur annoncer la chose de façon assez subtile. Mais je ne suis pas certain que la prostitution sur son lieu de travail soit très bien vu d'un point de vue RH. Peut-être devrais-je alors revoir mes ambitions à la baisse, me contenter dans ce cas de figure d'offrir l'accès à mon corps gracieusement parce que c'est vous et surtout parce que vous avez ce pouvoir mesdames de mettre tout contrevenant à vos règles sur le trottoir du jour au lendemain. Le trottoir, je veux bien y aller mais uniquement à mes conditions quand je serai prêt à donner cette nouvelle orientation à ma carrière, un élan à une carrière qui n'a jamais débuté mais qui saura trouver son vrai commencement dans la configuration que je lui ai choisi. Bon d'accord pour cette fois alors, Yvonne. C'est cadeau, ça me fait plaisir...
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mercredi, 14 octobre 2009
#35 – La farce cachée de l'entreprise
C'est bien gentil d'annoncer une opération commerciale, encore faut-il dénicher la clientèle susceptible d'acheter la marchandise. Qui sait alors mieux qu'un commercial comment s'y prendre en la matière ? Qui sait mieux que Max, le grand Max, le vendeur né, comment faire pour convaincre le chaland et lui fourguer ce à quoi il n'aurait jamais pensé auparavant ? J'aime les personnages. Il est donc naturel que j'apprécie Max et sa manière bien à lui de mener les négociations. Max ne lâche jamais. Tant qu'il n'a pas eu un refus clair et définitif de son interlocuteur, il continue sa vente, souvent proche d'un harcèlement en bonne et due forme. Le bagou et l'audace ne s'apprennent pas. Au minimum, on parviendra à surmonter sa timidité et à dépasser ses inhibitions. Max, lui, n'a pas de limite. C'est ce qui explique que rien ne l'arrête jamais.
Max sait qui je suis : le gars sympa de l'accueil qui lui sourit et avec qui il est facile de plaisanter, parler sports collectifs ou jolis minois. Une connexion typiquement masculine en somme. Il ignore que de mon côté je suis avec intérêt sa carrière, plus pour combler l'ennui que par véritable admiration. Mais c'est un fait : j'ai suivi l'ascension de ce banal commercial vers son poste actuel de chef des ventes France Nord. Comment lui dire alors que j'ai besoin de ses conseils sans risquer de compromettre mes chances de mettre sur orbite une entreprise dont il est difficile de révéler les détails à une vague connaissance de boulot ? J'opte alors pour la technique classique du 'j'ai ami qui' en prétextant le lancement prochain d'une activité de services à la personne. Le sujet est suffisamment large et à la mode pour ne pas éveiller de soupçon. Comme Max est un vendeur pur jus, seule la promesse d'une récompense saura le motiver. Et à part l'expression de ma gratitude, je n'ai pas grand chose à lui offrir en échange. Les conseils prodigués sont par conséquent très limités. En me rappelant que mon offre de service doit être suffisamment au point et que je dois constamment m'adapter aux besoins du client, Max m'a été d'une inutilité redoutable. Excepté que l'on est jamais mieux servi que par soi-même. Donc, mes conseils, je vais me les fournir tout seul...
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mercredi, 07 octobre 2009
#34 – La farce cachée de l'entreprise
On aura toutes les chances d'atteindre un certain éclectisme en combinant plusieurs sources d'inspiration. Certaines peuvent être dévoilées sans honte, comme la littérature, quelque chose de classique et distingué, pas du roman au kilomètre et bon marché. Pour d'autres, c'est moins distingué. Comme la télévision, cet objet vulgaire, bas de gamme, déversoir à conneries et autres ingrédients pré-digérés à destination de la ménagère, cette pauvre femme qui n'a pas le droit d'avoir plus de cinquante sous peine de sortir du panel et sombrer à jamais dans les abîmes de l'oubli collectif. La honte sera moindre si le programme est directement issu d'un bouquin, lui-même descendant d'un blog à succès. Tout le monde sera content dans l'affaire, non ?! Décidément, dès qu'il s'agit de télé, je cherche toujours me dédouaner. Après le modèle du type à la vie ordinaire basculant lentement mais sûrement, j'ai choisi celui de 'Secret diary of a call girl' ou les aventures de Belle de Jour, call-girl londonienne ayant eu la riche idée de publier ses véritables expériences d'amour tarifés, d'abord sur le web, puis en livre broché pour finir immortalisée sous les traits d'une jolie blonde pétillante à la télévision anglaise. Une nouvelle source d'inspiration pour appréhender ce métier en tâchant de garder, dans un premier temps, une certaine distance. Désormais avec deux modèles différents, masculin, féminin, provincial ou très urbain, j'ai à portée de main la méthode et des exemples concrets d'une profession que l'on dit vieille comme le monde. Il va falloir maintenant passer au stade supérieur. La documentation, c'est utile et intellectuellement satisfaisant mais ça ne rapporte pas un sou. Je vais devoir plonger dans l'action sans plus attendre et donc aller chercher la cliente. C'est le volet le plus impliquant et l'effroi succède ainsi à l'exaltation. Comment développer une activité florissante sans trop passer pour un cafard ? Comment embellir quelque chose qui n'a rien de reluisant a priori ? Comment vendre et se vendre quand on a toujours été très éloingé de ces considérations bassement mercantiles. Peut-être devrai-je demander quelques conseils aux commerciaux les plus aguerris de la boite...
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mercredi, 23 septembre 2009
#33 - La farce cachée de l'entreprise
Pas facile d'avouer à son entourage qu'un beau matin on a décidé de monnayer l'accès à son sexe. Mieux vaut carrément éviter le sujet. Car Mesdames, à partir de maintenant il faudra payer pour voir et encore davantage pour consommer. Y-a-t-il de quoi être choqué ? Ce n'est pas mon avis. Car tout dépend du contexte. Le mien n'est pas défavorable. Je ne demande d'argent pour payer ma drogue ou une pension alimentaire. Je réclamerai ce qui me sera dû car tout service mérite son prix et le mien n'est pas nul. Enfin, à ce stade j'en suis encore aux balbutiements car je suis plus dans l'intention que l'action. Monter un commerce, n'importe qui peut le faire. Il faut ensuite trouver des clients et les fidéliser. Et j'en suis encore très loin. Le commerce tout d'abord, je dois le rendre attractif. J'imagine mal une femme payer pour se faire secouer par un gars à l'allure flasque et mal habillé. J'ai donc investi quelques modestes économies dans la rénovation du bonhomme. Première étape : se sculpter un corps de rêve. J'arrête la nourriture bon marché composée de sucres lents et de graisses animales. Les légumes bouillis remplacent la pizza et l'eau minérale se substitue à la bière. C'est le régime sec. En quelques semaines, je devrais retrouver un corps de jeune homme. Et si cela ne fonctionne pas, je pourrais au moins me dire que j'ai fait l'effort de ne plus m'empoisonner. Ensuite, le sport bien sûr, l'inévitable effort physique, celui qui donne du souffle, muscle le cœur et donne un teint frais de bambin. Et là il faut encore investir car mes derniers équipements datent d'une époque oubliée. Chaussures de course, pantalon de survêtement et tee-shirt moulant pour se motiver à gommer les plis disgracieux de ce régime alimentaire décidément incompatible avec la pratique assidue de la drague professionnelle. Je me rends compte que je n'ai pas choisi la facilité...
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mercredi, 16 septembre 2009
#32 - La farce cachée de l'entreprise
La télé peut parfois donner de bonnes idées. Même si peu de programmes trouvent grâce à mes yeux, je peux volontiers me laisser tenter par une série. Et comme souvent en matière de divertissement télévisuel, les choses les plus intéressantes et les plus innovantes se fabriquent de l'autre côté de l'Atlantique. Pourquoi les séries US sont-elles meilleures que les nôtres ? Très simplement, tout est affaire ici de moyens. Hollywood est une industrie, une industrie structurée qui sait investir. Investir non seulement dans des décors et des effets qui rendront le spectacle plus crédible mais aussi et surtout dans des histoires et des acteurs choisis avec le plus grand soin parmi la multitude à portée de mains de producteurs qui connaissent leur métier sur le bout des doigts. Bref, je dis merci à Hollywood de me donner accès à cette source d'inspiration car je n'ai pas honte d'avouer que certaines de mes décisions ont largement été influencées par ce que j'ai observé un jour ou l'autre à travers l'étrange lucarne. C'est d'ailleurs ma dernière découverte, l'histoire d'un homme ordinaire obligé de se prostituer pour payer les réparations de sa maison ayant brûlé, qui m'a conduit à me décider de me prendre en mains et de songer à financer ma retraite avec des moyens appropriés. Inutile de tourner autour du pot : ma maison n'a pas brûlé mais j'ai pris la décision de m'octroyer une deuxième activité professionnelle, quelque chose de très lucratif, sans charge sociales et que j'aurais choisi, dans une optique conciliant l'alimentaire à un certain plaisir. Attention, il est hors de question de tapiner comme un brésiliene. Je parle ici de quelque chose ayant un minimum de classe, un amour tarifé dans un endroit douillet et agrémenté d'une certaine forme de gastronomie (des ébats précédés d'un bon champagne pour aller au bout du cliché). Evidemment, vu ainsi la prostitution n'en a plus que le nom si je confonds soudain les genres et anoblit par convenance personnelle une activité n'ayant jamais eu la meilleure réputation. Ben oui mais voilà. Ca m'arrange. Si demain je fais pute autant me donner l'impression que je fais quelque chose de bien, comme si j'allais remplir une mission humanitaire sous prétexte que je donnerai un peu de plaisir à des femmes oubliées de ce point de vue. Tout est question de point de vue. Et du point de vue dont je me place, je considère le sujet avec la plus grande sympathie.
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mercredi, 09 septembre 2009
#31 - La farce cachée de l'entreprise
Comme tout bon vélléitaire, j'ai toujours surtout annoncé mes actes plutôt que de les réaliser. Mon grand-père, un homme sage et direct m'avait pourtant repris un certain nombre de fois sur ce point et aimait à me répéter : « Ne dis pas ce que tu vas faire, fais-le ». Un créateur de slogan avant l'heure, bien avant ce fameux fabricant d'articles de sport nord-américain qui érigea la maxime de mon aïeul en véritable machine à gagner beaucoup d'argent. Just do it.
Mais voilà, n'est pas champion qui veut. Et moi je ne joue pas dans cette catégorie. Je suis plutôt côté spectateur, du côté de ceux qui ont forcément un avis sur la question du moment mais qui serait bien incapable de mettre en pratique les grandes pensées dont je me fais l'echo. C'est pourquoi j'avais songé très fortement à donner une nouvelle orientation volontaire à ma carrière dès la rentrée. Mais la rentrée est là et en moi rien ne bouge, à part la langue bien pendue pour clamer que décidément je mérite mieux que ce poste de concierge, bien en dessous de mes véritables capacités. Mais qui connait vraiment mes capacités depuis tout le temps que j'ai passé derrière ce comptoir à scruter la vie de mes collègues sans autre ambition que de profiter un jour ou l'autre d'une information pour soutirer de l'argent ou abuser des faveurs d'une dame rendue moins farouche par la perspective d'une aventure sans lendemain avec un gars sans avenir ? Personne ne connait donc mon véritable potentiel. Il est resté caché pendant tout ce temps et cela n'est pas ptrêt de changer. La vie semble soudain bien moche à l'approche de l'automne...
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